Félix GAILLARD (1832-1910) : hôtelier, archéologue et photographe de mégalithes.

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Introduction

Félix Gaillard (1832-1910) est issu d’une famille fortunée de la région de Bordeaux. Il se marie le 15 juin 1857 à Héloïse Le Bail (1832-1888), fille de Grégoire Le Bail (1797-1856), décédé 6 mois plus tôt. Grégoire Le Bail, ancien maire de Plouharnel, propriétaire en cette même commune morbihannaise, de l’Hôtel du Commerce, est connu des historiographes de l’archéologie préhistorique comme l’un des tous premiers à explorer un monument mégalithique en sud Morbihan, puisqu’il recueille en 1849 dans les dolmens de Rondossec quelques objets dont un bracelet en or qui fait sensation, objets qu’il présente depuis lors à ses clients. Le jeune couple reprend naturellement la gestion de l’hôtel familial.

Félix Gaillard est un des premiers à faire photographier, ou à photographier lui-même, les architectures monumentales de la Préhistoire récente avec une intention documentaire et non pas seulement touristique.

Il joue par ailleurs un rôle pionnier dans la conservation pérenne des mégalithes de Carnac, de Plouharnel, d’Erdeven et de la presqu’île de Quiberon ne peut passer que par un rachat et une protection par l’État. Promoteur local de cette démarche, il conduit les négociations des premières opérations à Plouharnel dès 1882. Archéologue de fait, il effectuera de nombreuses fouilles dont celles des dolmens de Port Blanc à Quiberon en 1883.

Sa mésentente avec Gustave Thomas de Closmadeuc, président de la Société Polymathique du Morbihan qui domine les recherches préhistoriques depuis 1826, des querelles sur le redressement de certains menhirs, la bascule vers des théories archéo-astronomiques aventureuses puis l’émergence de la figure de Zacharie le Rouzic autour du Musée de Carnac à la charnière des 19ème et 20ème siècle, vont contribuer à l’effacement puis à l’oubli de ce personnage attachant et incontournable de l’histoire de l’archéologie des mégalithes dans le sud Morbihan.

Félix Gaillard : l’hôtelier

Érudits amateur, Félix Gaillard fait partie de cette petite bourgeoisie, qui à l’instar d’autres acteurs locaux du tourisme, rassemble des collections archéologiques d’importances variées dont des pièces aboutiront au final dans les musées publics (il donnera et vendra plusieurs pièces au Musée de Préhistoire de Carnac).

Quand Félix Gaillard reprend avec son épouse l’hôtel familial, les visiteurs peuvent déjà y voir une petite collection d’objets archéologiques, véritable petit musée privé, dont la pièce maitresse est est un collier ou brassard en or découvert par son beau-père dans l’exploration du dolmen de Rondossec en 1849.

L’Hôtel du Commerce

Relais entre le continent et la presqu’île de Quiberon, l’Hôtel du Commerce de Plouharnel. Jusqu’en 1847, la route passe dans la cour de l’hôtel, à l’arrière du bâtiment. Par la suite une nouvelle route est tracée jusqu’à Quiberon, et c’est à partir de ce moment que G. Le Bail fait construire un nouvel hôtel, plus moderne permettant d’accueillir au mieux les visiteurs. 

Gaillard est un archéologue amateur qui fouille plusieurs sites des environs et photographie les vestiges. Il enrichit ainsi la collection de l’hôtel (Crowhurst, Gaillard 2004). Il fonde la publicité de son établissement sur cette collection, hébergée dans une pièce dédiée et appelée par les contemporains « Musée de Plouharnel » ou « Musée de l’Hôtel du Commerce ». Il organise des excursions pour les touristes auxquels il vend des produits dérivés, tels des albums photographiques et les petits guides (Gaillard 1882).

L’exploration pionnière des dolmens de Rondossec par Grégoire Le Bail

Le 6 octobre 1849, Grégoire Le Bail, va réaliser l’exploration des Dolmen de Rondossec, situé à quelques centaines de mètres au nord du bourg de Plouharnel. A l’époque, il n’existe aucun protocole ni aucune méthode de fouilles, et l’opération s’apparente plus à ce que l’on appellerait aujourd’hui du pillage de tombe.

Gustave Thomas de Closmadeuc décrit cette journée :

« A quelques distances de Plouharnel, à gauche de la route d’Erdeven, dans une petite clôture inculte, nommée Rock-Guyon, tal Rondossec (le rocher guyon, tête de crapaud), il existait un tertre peu élevé, reste d’une antique tombelle. On apercevait, vers le milieu, de larges surfaces de granit, à fleur du sol, que chacun soupçonnait appartenir à des tables de dolmen, recouvrant des monuments intérieurs, chambres ou allées. Le 6 octobre 1849, M. Le Bail, maire de la commune, entreprit de fouiller sous ces pierres. Le déblaiement mit à découvert trois chambres, placées à peu de distances l’une de l’autre, chacune d’elles se continuant par une longue galerie…Les fouilles portèrent d’abord sur le monument du milieu. La chambre et sa galerie étaient remplies, jusqu’à une certaine hauteur, d’une quantité prodigieuse de pierrailles, de terre végétale et de petits cailloux roulés- parmi ces décombres, on rencontra un certain nombre de fragments de celtae et de poteries. La grotte de droite fut fouillée ensuite… La galerie était comblée en partie par de la terre végétale et des pierres ; la chambre elle-même en était obstruée. Les ouvriers s’occupaient de la déblayer, lorsqu’ils rencontrèrent vers son milieu, une sorte d’enceinte en pierres sèches établie autour d’un vase en terre noirâtre, qu’ils brisèrent aussitôt. Il en sortit deux colliers ou brassards en or. Y avait-il des ossements dans le vase ? Mr Karmel ne le dit pas. Il signale seulement la présence, dans la grotte, de quelques ossements, de charbons, et de débris de vases en terre cuite. On pénétra ensuite dans le petit réduit adjacent, et là encore on trouva une grande quantité de terre, des charbons, des ossements blanchis très friables et des débris de poteries grossières. La troisième grotte ne fut découverte que quelque temps après. La chambre renfermait des débris de poteries, entre autres une sorte d’écuelle, d’une ouverture de 0,15c de diamètre, et probablement des restes d’ossements. Les fouilles avaient été pratiquées un peu à l’aventure, on ne prit même pas la peine de recueillir quelques-uns de ces ossements, qu’on foulait aux pieds, et en l’honneur desquels cependant les trois tombes de pierre avaient été construites. L’honorable médecin, que le hasard a rendu témoin oculaire, décédé depuis, nous a raconté, dans une lettre, les impressions pénibles qu’il a ressenties, au spectacle de cette exploration désordonnée, et à la vue de la foule se ruant dans les grottes que les ouvriers venaient de quitter. »

Thomas de Closmadeuc 1882.

Zacharie Le Rouzic nous donne d’autres détails :

« Le 6 Octobre 1849, des ouvriers carriers exploitaient un bloc de granit qu’ils croyaient être un bloc naturel…ils eurent la surprise de voir d’autres blocs placés verticalement sous la dalle qu’ils venaient de débiter et qui se prolongeaient sous d’autres blocs horizontaux. Intrigués ils piochèrent jusqu’au roc et découvrirent quelques fragments de haches en pierre polie. Ils les apportèrent à Mr Le Bail capitaine au long cours, cafetier, débitant au bourg de Plouharnel qui les leur acheta pour quelques verres de vin. L’après-midi du même jour, Mr Le Bail se rendit sur les lieux de la découverte, il fit déblayer complètement le monument (Version verbale de Mr F. Gaillard, gendre de Mr Le Bail). Mr Le Bail emporta les deux bracelets en or, et après un long procès, l’un fut laissé à Mr Le Bail, l’autre fut remis au propriétaire du terrain, Mme veuve Hemon, à Auray. Ce dernier brassard fut vendu à Mr Costa de Beauregard, qui le conserve dans sa collection… Celui de Mr Le Bail est aujourd’hui au Musée National de Saint Germain en Laye… Cette découverte signalée dès le 7 et 10 Novembre 1849 par le docteur Bayou d’Auray dans le journal « La Bretagne » fit grand bruit dans le pays et communiqua malheureusement la rage des recherches de trésors dans ces monuments. Une masse de dolmens furent bouleversés sans soins, d’autres étaient détruits à la mine pour voir s’ils contenaient de l’or ».

Le Rouzic 1930

Le musée de l’Hôtel du Commerce

Nous avons la chance d’avoir gardé le témoignage du musée de l’Hôtel du Commerce dans un livre de prix à la magnifique couverture de percaline rouge publié en 1893, Le Roi du Biniou :

Et Siegfried, que faisait-il ?

Siegfried était dans la pièce à côté, dans le petit musée réuni par les soins de M. Gaillard. Il mesurait le crâne du squelette qui gît dans le coin de droite, un squelette d’une stature extraordinaire, un mètre quatre-vingt-dix, avec un crâne volumineux, extrêmement allongé.

Un squelette préhistorique ! d’un préhistorique moderne, puisqu’il est couché sur le côté, mais préhistorique quand même, puisqu’il a les membres inférieurs repliés sur le tronc.

Un squelette d’une époque à laquelle les cercueils étaient inconnus, mais où l’on délimitait déjà l’emplacement accordé au cadavre par des pierres plantées debout, ce qu’on appelait un cist.

Mme Thouvenin avait visité ce musée, ainsi qu’il est d’usage, en arrivant à l’hôtel du Commerce. Siegfried lui avait démontré sans réplique, par la comparaison de la tête du squelette avec une tête de Gaulois à crâne court, l’inanité de l’opinion d’après laquelle les dolmens auraient été édifiés par les Gaulois.

Il l’avait guidé, en même temps qu’Emmanuel, dans l’examen des objets renfermés dans ce musée, lui montrant des celts2, des haches en diorite, des torquès, un bracelet en or trouvé en 1849 dans un des dolmens de Rondossec, entre l’hôtel et la gare, d’autres bracelets provenant de Saint-Kado en Belz, des poteries, des monnaies gallo-romaines et des statuettes plus ou moins intactes.”

Labesse, Pierret, 1893, p. 118-119

Des visiteurs prestigieux

Gustave Flaubert et Maxime du Camp séjournent à L’hôtel à l’été 1847. En quelques lignes savoureuses, les deux compères nous racontent leur passage et indiquent qu’à cette époque le Maire (Grégoire le Bail donc) dispose d’un “poignard celtique”.

Écrit à deux mains et très librement puisque pas destiné à être publié, le récit de ce voyage en Bretagne s’organise en douze chapitres (Du Camp pour les chapitres pairs et Flaubert pour les chapitres impairs). Les diverses versions imprimées comportent malheureusement de nombreux passages tronqués. L’édition des Œuvres complètes de Flaubert par Louis Conard en 1910, donne une version plus fidèle du manuscrit, puisqu’elle inclut les discussions des deux compères lors du dîner pris à l’hôtel de Plouharnel, avec en conclusion : « L’hôte, qui est le maire de l’endroit, vint au dessert trinquer avec nous. Les deux coudes de sa chemise appuyés sur la table, son bonnet de soie noire relevé derrière les oreilles pour mieux entendre, il demeura tout le temps muet et béant à savourer les discours de nos amis et les nôtres, qui ne valaient pas mieux. Du reste, ce dîner ne nous ennuya pas, il est parfois très doux de causer avec des imbéciles » (Du Camp, Flaubert, 1910, p. 138). On aurait souhaité en savoir plus car du Camp, dans le plan qu’il donne de l’ouvrage indique : « Plouharnel. — Chez Demame, aubergiste—…— Couteau celtique du maire. — Nous dînons avec les deux voyageurs qui se rembouriffent de nous ; le maire veut prendre un verre de champagne et écoute. — À 3/4 de lieue dolmens. » (Du Camp, Flaubert, 1910, p. 90). Du Camp ne se trompe-t-il pas sur le nom de l’aubergiste ? Comme n’y a pas d’autres hôtels à Plouharnel, si l’aubergiste est maire, ce ne peut-être que Grégoire Le Bail. Le “couteau cetique” en question est très vraisemblablement une lame de hache polie, désignée à l’époque par le terme “celta” ou “celtae”.

Parmi les autres clients prestigieux de l’hôtel, on voit passer Georges Sand en septembre 1866 (Miclon, Miclon 2018). La princesse Élisa Napoléon Baciocchi, nièce de Napoléon Bonaparte et cousine de Napoléon III, installée à Grand-Champ de 1858 à 1868, y serait descendue plusieurs fois. La comtesse de Ségur, dont le fils est propriétaire du château de Kermalvezin à Carnac de 1868 à 1883 serait venue en voisine. Il n’est pas certain que Sarah Bernhardt y soit passée du temps de Félix Gaillard, puisque qu’elle n’achète le fort de la Pointe des Poulains à Belle-île qu’en 1894.

La visite de S.M. Don Pedro II, d’Alcantara, Empereur du Brésil

Don Pedro séjourne à Paris du 19 avril au 18 juin 1877 et souhaite faire une escapade en Bretagne. L’idée lui tient à cœur puisqu’en 1869 au Brésil, lors de son premier entretien avec le diplomate français Arthur de Gobineau (1816-1882), il lui parle « des monuments de l’âge de pierre » comme sans doute ceux qu’on voyait en Bretagne.

« Enfin on le voit le 9 Juin dans le salon de madame Planat. Il reçoit de Henri Martin (président de la Société Anthropologique NDLR) l’itinéraire dont il a besoin pour le voyage qu’il entreprend le lendemain en Bretagne. Et d’après Linda Besouchet, ce projet ne s’est réalisé qu’après une longue conversation avec Ernest Renan, le Breton du salon. Notre voyageur aux semelles de vent fera le tour de Bretagne en quatre jours, en chemin de fer, de Rennes à Vannes, d’Auray à Quimper, de Brest à St Brieuc. Il aura vu « les monuments de l’âge de pierre » dont il parlait avec Gobineau. « Mon voyage en Bretagne, lui écrira-t-il, a été très intéressant. Pour les Dolmens je trouve les explications, mais non pour les immenses alignements de menhirs ».

Balcou 2009, p. 15-18

La Société Polymathique du Morbihan le proclame « membre d’honneur » lors de sa séance du 26 juin 1877 sur la proposition du Président, le docteur Alphonse Mauricet (1833-1899). Il apparaîtra comme tel dans le bulletin de la société savante vannetaise, avec son titre jusqu’à sa destitution, puis sans son titre jusqu’en 1890 année précédant sa mort. Il n’est indiqué nulle part qu’il se soit déplacé dans les locaux de la Polymathique et il est évident que l’acte de candidature ne vient pas de lui.

De 1864 à 1872, W.-C. Lukis (archéologue, naturaliste et antiquaire britannique) vient prendant 2 mois, chaque été et travaille avec acharnement dans les mégalithes. Avec son ami Henry Dryden (noble britannique, géomètre, et dessinateur)  ils dessinent des plans méticuleux de tous les sites de la région. L’Hôtel du commerce  devient le quartier général et le point de départ des itinéraires décrits dans le “guide touristique des mégalithes” écrit par Lukis en 1875.

L’ouverture en 1882 de la ligne de chemin de fer Auray-Quiberon bouleverse les habitudes des voyageurs. L’Hôtel du Commerce se trouvant ainsi court-circuité et sa clientèle plus clairsemée, Félix Gaillard se consacre à sa passion, comme ses écrits, ses plans et ses photographies le démontrent. Vers l’âge de 60 ans, il connaît de gros ennuis financiers qui l’obligent à vendre ses collections puis son hôtel en 1892. 3L’ouverture en 1882 de la ligne de chemin de fer Auray-Quiberon bouleverse les habitudes des voyageurs. L’Hôtel du Commerce se trouvant ainsi court-circuité et sa clientèle plus clairsemée, Félix Gaillard se consacre à sa passion, comme ses écrits, ses plans et ses photographies le démontrent. Vers l’âge de 60 ans, il connaît de gros ennuis financiers qui l’obligent à vendre ses collections puis son hôtel en 1892. 

Accueillant des archéologues et des visiteurs célèbres, Gaillard est un intermédiaire essentiel sur le terrain, véritable go-betweens ou knowledge brokers, comme se plaisent à les appeler certains historiens des sciences. Pour Gaillard, l’archéologie fut d’abord un enjeu économique : la collection étant conçue comme produit d’appel, permettant d’attirer les curieux dans son établissement. Elle deviendra une raison de vivre.

Félix Gaillard : protecteur du patrimoine mégalithique

Félix Gaillard se fait connaître en 1874, pour son rôle dans la campagne d’opinion qui vise à faire acquérir par l’État l’essentiel des monuments mégalithiques entre Erdeven et Locmariaquer, y compris la presqu’île de Quiberon.

Comme Victor Hugo, il a compris que le risque majeur pour un monument c’est son propriétaire4, et est persuadé qu’une conservation pérenne des mégalithes du sud Morbihan ne peut passer que par un rachat et une protection par l’État. Promoteur local de cette démarche, il conduit les négociations des premières opérations à Plouharnel dès 1882.

Il réalise une documentation détaillée, avec pour la première fois des photographies, et obtient le soutien relatif de la Société Polymatique du Morbihan. En 1879, le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts créé une sous-commission des monuments mégalithiques afin de réaliser ces acquisitions et c’est Felix Gaillard qui s’occupe des rachats comme des travaux de restauration, avec l’aide du contremaître Louis Cappé. Félix Gaillard en profite pour se constituer une belle collection d’objets préhistoriques qu’il expose dans son musée privé de Plouharnel.

La protection du patrimoine préhistorique : création de la commission d’inventaire des monuments mégalithiques

On peut dire sans exagération que la sauvegarde des monuments mégalithiques du sud Morbihan est en grande partie dû à cette commission, créée à la demande d’Henri Martin (1810-1883), le président de la Société d’Anthropologie de Paris.

« Le 3 Décembre 1878, la société d’Anthropologie de Paris, à la suite d’une communication de son président, Mr Henri Martin, s’est préoccupé de la conservation des monuments mégalithiques et a émis à l’unanimité le vœu suivant : « qu’il soit nommé par le ministre de l’instruction publique, une commission chargée de désigner dans toute la France et dans l’Algérie, les monuments mégalithiques qui doivent être classés parmi les monuments historiques ». La demande reste sans suite, mais en octobre 1879, M. Henri Martin obtient l’accord de M. Jules Ferry alors Ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts. Le 21 novembre 1879, un arrêté ministériel instituait la « sous-commission d’inventaires des monuments mégalithiques et des blocs erratiques de la France et de l’Algérie » rattachée à la commission des monuments historiques. (…) Cette sous-commission est composée par M. Henri Martin, sénateur, président ; M. G. de Mortillet, attaché au Musée de St Germain, vice-président pour les monuments mégalithiques ; M. Viollet-le-Duc chef de bureau des monuments historiques, secrétaire… Sur les dix membres de la sous-commission qui sont plus particulièrement nommés pour les monuments mégalithiques, sept font partie de la Société d’Anthropologie de Paris »

Martin et al. 1880.

Demande d’acquisition des mégalithes par l’État

Tandis que Henri Martin travaille les instances parisiennes pour la protection des monuments mégalithiques au titre des Monuments Historiques, Félix Gaillard s’emploie au niveau local pour assurer à certains monuments une protection immédiate par le biais d’un achat de l’État. Il demande à la SPM de porter cette action de sauvegarde.

Lors de la session du 26 août 1879 de la société vannetaise : « Mr Gaillard demande à la société d’émettre un vœu favorable à l’acquisition par l’État, des dolmens de Locmariaquer, Plouharnel, Corcono (sic) et des alignements d’Erdeven et de Plouharnel qui sont situés sur des landes désertes. Dans des lettres dont il est donné lecture, MM Henri Martin, Alexandre Bertrand, Pinczon du Sel, président de la société d’archéologie d’Ille-et-Vilaine, et Sourget, président de la Société archéologique de la Gironde, appuient de l’autorité de leurs noms et de leur science, le projet présenté par notre honoré collègue » (BSPM, 1879, p. 258).

Le 26 mars 1881, l’État reconnait les services rendus par Félix Gaillard à la sous-commission des monuments mégalithiques par un courrier du Sous secrétariat d’État des Beaux-Arts qui lui offre, sur décision du président du conseil, « le buste de Newton et deux vases provenant de la Manufacture nationale de Sèvres ». On trouve la photographie de ce courrier en première page de plusieurs exemplaires des Albums de photographies qu’il commercialise.

Rapport général sur les plans des Alignements

Le 30 novembre 1880, il dépose en séance de la Société polymathique son Rapport sur les plans des Alignements. Il estime qu’à l’origine, les alignements d’Erdeven étaient plus considérables que ceux de Carnac. Il ne se considère pas comme un savant, mais se sent investi d’une mission de protection et de conservation, complétée par un devoir de vulgarisation :

« J’estime que la société Polymathique considèrera comme un avantage tout naturel la possession de notes aussi précises sur la situation et l’existence de monuments uniques que l’arrondissement de Lorient possède sur son territoire. Je confie à nos éminents et savants collègues de la Société le soin d’étudier et de conclure, ce que je ne puis me risquer témérairement à faire. Mon but principal est, si je puis m’exprimer ainsi, la vulgarisation de la connaissance de ces monuments, leur étendue, leur situation, leur composition. A ce sujet je puis dès à présent vous assurer qu’avec les mesures que j’ai prises, les plans de ces alignements seront reproduits en de nombreux exemplaires et différents formats…J’estime que c’est la première mesure de conservation que répandre ainsi la connaissance parfaite de ce qui doit être préservé de toute destruction ».

Les opérations de rachat

Félix Gaillard négocie les premiers rachats avec succès et promptitude. Il envoie les titres d’achat par courrier à Henri Martin, président de la Commission d’inventaires des monuments mégalithiques. Au total, les acquisitions conclues jusqu’au 8 mars 1885 s’élevèrent à la somme de 43 338,60 Fr.5.

Pour remplir sa mission il n’hésite pas à avancer l’argent. Ainsi : « Il s’implique beaucoup dans sa mission. C’est ainsi que craignant les retards de paiement de la part de l’administration (ce qui aurait été une véritable contre-publicité auprès des propriétaires qu’il avait déjà tant de mal à convaincre), il lui arrivera d’avancer sur ses fonds propres le prix de certaines acquisitions et autres droits d’enregistrement. Grâce à lui, en 1882, la Sous-commission peut procéder à l’acquisition à l’amiable de certaines parcelles du site de Carnac (373 francs pour 72 menhirs) et Plouharnel (900 francs pour le dolmen de Crucuno) » (Hurel 2007).

C’est dans ce contexte de rachat qu’il édite trois albums photos consacrés aux monuments mégalithiques, dont nous parlerons plus loin. En reconnaissance de ces services il est promu Officier d’Académie le 14 Juillet 1882 par le ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts, Jules Ferry. La SPM saisit cette occasion « pour adresser ses félicitations à M. Gaillard pour les palmes académiques qui lui ont été données en récompense de son concours infatigable dans les mesures, prises par l’État, pour la conservation de nos monuments mégalithiques » (BSPM, 359éme séance, 29 août 1882, p. 27). Les exigences de plus en plus importantes des propriétaires aboutiront à l’arrêt des achats de gré à gré et à la mise en place par la suite de procédures d’expropriation.

Les opérations de restauration

Avec l’accord de l’État, Félix Gaillard va faire restaurer les trois sites suivants :

  • Les alignements de Kerzerho, à Erdeven.
  • Les alignements de Toul-Chignan (extrémité ouest du Menec), à Carnac.
  • Le pseudo-quadrilatère de Crucuno, à Plouharnel.

Le Plouharnelais essaie d’associer la Société polymathique dans ce projet de restauration des monuments acquis par l’État, sans véritable succès. Le compte rendu de la séance du 29 mai 1883, indique :

« Mr Gaillard annonce qu’il déposera pour la Société polymathique son rapport sur la restauration des monuments acquis par l’État. Il pense que la Société polymathique ne peut se désintéresser de ces opérations, et comme il est toujours sage de s’entourer des lumières et de l’expérience des hommes compétents, notre collègue est autorisé au nom de la sous-commission des monuments historiques, à exprimer le désir de voir la Société polymathique désigner quelques-uns de ses membres pour les visiter, donner leur avis et faire leurs observations, qui seront toujours accueillies avec déférence, sur les travaux de conservation et de restauration des monuments mégalithiques. / La Société remercie notre collègue des rapports qu’il a établi entre la sous-commission et la Société polymathique. Mais elle ne croit pas devoir désigner en particulier aucun de ses membres pour suivre ces travaux exécutés par l’État et sous sa direction. Elle engage chacun de ses membres, qui portent intérêt à ces travaux, et ils sont nombreux, à se rendre à l’aimable invitation qui leur est faite et à profiter du bon accueil qui leur est promis »

BSPM 1883, p. 3

Remplacement de Félix Gaillard

Au décès d’Henri Martin, la sous-commission décidera, pour des raisons que nous ne connaissons pas, mais qui sont peut-être liées à l’intervention de G. Thomas de Closmadeuc, de confier les opérations de rachat et de conservation à d’autres personnes. On imagine facilement le sentiment d’injustice ressenti par Félix Gaillard. Zacharie Le Rouzic nous en touche un mot :

« Cette sous-commission fut créée en 1879, et placée sous la présidence de Mr Henri Martin lui-même ; aussitôt il chargea Mr Félix Gaillard, hôtelier à Plouharnel, d’acquérir à l’amiable et de restaurer quelques monuments. Mr Gaillard qui y mettait toute sa bonne volonté fut grossièrement attaqué par le Dr de Closmadeuc dans les Bulletins de la société Polymathique à ce sujet (années 1885-1886). A la mort de Mr Henri Martin (le 14 décembre 1883 NDLR), Mr G. de Mortillet lui succéda comme président, et Mr Daniel Beaupré, Agent voyer cantonal à Auray, fut chargé des travaux d’acquisitions et de restauration de nos monuments. C’est ce dernier qui s’est particulièrement occupé avec ses cantonniers, de redresser les menhirs des alignements de Kerzerho, du Ménec, de Kermario et de Kerlescan. N’ayant aucune connaissance archéologique, il fit dresser malheureusement, plusieurs menhirs la tête en bas et en dehors des alignements, à Kerzerho notamment. Il fut à son tour très critiqué. Avec la présidence de Mr. Philippe Salmon je fus chargé, en 1898, de la même mission »

Le Rouzic 1939, p. 235

Félix Gaillard : l’archéologue préhistorien

Hôtelier, « son intérêt pour les mégalithes a été en grande partie suscité par la visite régulière d’archéologues, tel l’anglais William Collings Lukis qui séjourne plusieurs années de suite dans ce qui devient vite le point de ralliement de tous bons initiés qui souhaitaient (re)découvrir les nombreux monuments préhistoriques de la région carnacoise. En découle alors une forte activité de recherche, avec plusieurs dizaines de fouilles et de restaurations de mégalithes à son actif dès la seconde moitié du XIXe siècle, ainsi que ses collaborations avec les sociétés savantes régionales (société polymathique du Morbihan) et nationales (société d’Anthropologie de Paris, etc.), qui ont permis à ses travaux de prendre de l’ampleur et nous ont permis de recevoir des données textuelles et graphiques de qualité, réunies dans des rapports, souvent édités, relativement complets pour l’époque » (Guyodo, Blanchard, 2014)

Félix Gaillard fouillera 38 sites sur les côtes morbihannaises6. Jusqu’en 1886, c’est l’ancien contremaître de James Miln, Louis Cappé (1840-1886), qui est en charge des opérations de terrain7. Nous ne savons pas qui remplace Louis Cappé après son décès prématuré en 1886, à moins que, chose rare à l’époque, Félix Gaillard ne fouille lui-même, ce qui est vraisemblable au vu de certains indices. Il partage ses résultats rapidement. De 1880 à 1890, il privilégiera des articles dans le Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, doublés de tirages à part dont il confie l’impression à l’imprimerie Galles à Vannes. Le Bulletin de la SPM publie ainsi 7 articles sur ses fouilles de 1883 et 6 autres sur les fouilles qu’il effectue entre 1884 et 1892. Félix Gaillard se détache ensuite de la société vannetaise pour publier dans le Bulletin de la Société d’Anthropologie de Paris qui accueille 12 articles sur les travaux archéologiques qu’il mène de 1887 à 1900. Il publie également un livre, l’Astronomie préhistorique, dont les thèses, un temps à la mode, sont aujourd’hui totalement démonétisées dans la recherche contemporaine (Cassen et al. 2021, p. 31-33).

Issu du monde du commerce, faisant pour partie un usage commercial de l’archéologie, il reste longtemps aux marges des mondes érudits. Il n’est admis à la Société polymathique du Morbihan qu’à la faveur de l’admission de Don Pedro, l’empereur du Brésil, qui visite la région et réside dans son hôtel en 1877. Ses relations avec Henri Martin, qui préside alors la sous-commission des monuments mégalithiques, lui permettent cependant d’être admis à la Société d’anthropologie de Paris.

Membre de la Société Polymathique du Morbihan (SPM)

Dès 1826, une société savante est fondée à Vannes par une quinzaine d’érudits, elle prend le nom de Société Polymathique du Morbihan. Parmi les nombreux sujets traités, elle s’intéresse à l’archéologie et aux monuments mégalithiques8. Elle est reconnue le 5 juillet 1877 comme établissement d’utilité publique.

Félix Gaillard est présenté (et admis) comme « membre titulaire non résidant » lors de la séance du 26 Juin 1877 et restera sociétaire jusqu’en 1898. Dans les listes des membres publiées année après année dans le bulletin de la SPM, on lit d’abord « Gaillard, propriétaire Plouharnel », puis comme « Gaillard, Plouharnel-Carnac ».

Malgré sa contribution éminente à l’étude et la connaissance de la préhistoire morbihanaise, son statut de « membre titulaire non résident », c’est-à-dire n’habitant pas Vannes, lui interdit d’avoir une voix délibérative, l’empêche d’accéder aux charges ou dignités de la société, et lui interdit le prêt des livres de la bibliothèque (BSPM, 1883 : discussion sur les statuts, séances des 27 février, 24 avril et 29 mai 1883).

Face à lui, il aura un contradicteur, voire un ennemi personnel, le Docteur G. Thomas de Closmadeuc (1828-1918), membre éminent de la SPM, plusieurs fois président (les présidences sont annuelles et tournantes), chirurgien reconnu et fouilleur infatigable.

Zacharie Le Rouzic n’entrera à la SPM qu’en 1894 comme « membre honoraire et correspondant » avant d’en devenir un membre éminent jusqu’à sa mort en 1939.

Membre de la Société d’Anthropologie de Paris

La Société d’Anthropologie de Paris (SAP) est bien plus importante en taille et en relation que la SPM9. Félix Gaillard en devient membre le 1er février 1883 (BSAP, 1883, p. XXXV). Il est inscrit comme « archéologue à Plouharnel » titre que ne lui conférera jamais la SPM. Conformément aux statuts de la société, il a dû être présenté par trois sociétaires, faire acte de candidature et obtenir à bulletin secret la majorité des suffrages des membres présents (BSAP, 1883 : status, p. IV). Il en est membre au moins jusqu’en 1899 et publie un dernier article dans les pages du bulletin annuel en 190010.

Comptes rendus de fouilles, photographies et gravures

Dans une démarche et scientifique et de « vulgarisation de la connaissance », il prend le soin d’illustrer abondamment ses articles. Il publie ainsi de nombreux plans et coupes de monuments, mais encore des planches de mobiliers archéologiques (lithiques – parures, lames de haches, silex – et céramiques), parfois à l’échelle 1, en « grandeur naturelle ». Joseph Hildebrand, photographe peintre et graveur à Vannes, signe la majorité des gravures pour les livrets sur les fouilles des dolmens de Port-Blanc, des tombes de l’île Thinic et du Dolmen de Rogarte. Il est certain qu’une partie des illustrations publiées avant 1886, sont de la main de Louis Cappé

La controverse des dolmens de Port-Blanc à Saint-Pierre-Quiberon

Mandaté pour constater la dégradation, de nuit, du site le dimanche 18 février 1883, Félix Gaillard décide, en raison de l’urgence, de débuter la fouille dès le lendemain, lundi 19 février, en compagnie de son contremaître Louis Cappé5. Cette opération de terrain, véritable fouille de sauvetage avant l’heure, s’achèvera une semaine plus tard ; éclaircissement important puisqu’il permet de souligner la qualité de la fouille et du rendu alors que les durées d’intervention habituelles étaient, à l’époque, souvent beaucoup plus restreintes, même de sa part.

Faites avec une rigueur inédite pour l’époque et particulièrement bien documentées, les fouilles permettent la découverte des ossements d’une trentaine d’individus que le sable du lieu a très bien conservés, nombre d’individus inhumés exceptionnel pour un dolmen morbihannais. Dans son récit original de fouille, Félix Gaillard livre moult informations – souvent négligées – concernant le contexte, l’environnement (notamment dunaire), l’état du monument, les relations stratigraphiques, la provenance des objets (céramiques et lithiques). L’un des crânes présente de plus les traces d’une trépanation, qui signale des connaissances médicales et des pratiques chirurgicales dès le 4ème millénaire avant n.-è.

Félix Gaillard présente dans ses comptes rendus, les arguments qui lui font penser que les ossements sont contemporains du monument. Gustave Thomas de Glosmadeuc va alors s’employer à minimiser cette découverte majeure et clame, sans base scientifique solide, que les ossements sont largement postérieurs au monument. Il utilise sa position d’influence à la SPM et ses relations à la SAP pour saper la réputation de Félix Gaillard.

Or, la reprise de l’étude du mobilier montre la qualité de la fouille, la pertinence des observations et la justesse du raisonnement de Félix Gaillard quant à la contemporanéité du dolmen et du dépôt funéraire. Une datation radiocarbone confirme que le crâne trépané (désigné Broca 265) donne 3930-3660 Cal BC (Guyodo, Blanchard 2014).

Félix Gaillard fait preuve d’une célérité remarquable dans les fouilles, qui doit être préjudiciable à la gestion de son hôtel. Il produit un rapport, déposé à la sous-commission des Monuments Mégalithiques qui commence ainsi :

A Mr Henry Martin, Sénateur, Président de la sous-commission.

Dès la réception de l’avis annoncé, le dimanche 18 Février, je me suis transporté à St Pierre Quiberon, accompagné de notre habile contremaitre des travaux des monuments mégalithiques M. L. Cappé.

Courtoisement accueillis par M. l’Adjoint au Maire et par Mr l’Instituteur, auxquels revient l’initiative de la préservation, nous nous rendîmes ensemble sur les lieux.

Au premier examen, nous constatâmes que la défense de continuer la fouille inconsciente et commencée pour extraire une pierre, n’avait pas été observée. Évidemment, au lieu d’obtempérer à cette sage défense, on y avait vu la confirmation de l’existence d’un trésor caché, et on avait nuitamment continué.

A cette première observation vint bientôt se joindre la conviction que ce qu’on prenait pour un dolmen n’en était que la galerie et que la pierre soulevée était une des tables. Par suite, la chambre existait en grande partie à l’endroit qu’on n’avait pas encore fouillé. Enfin, nous remarquâmes que, parallèlement et à côté de cette chambre, devait exister un deuxième dolmen non encore entamé.

En présence de ces premières investigations, nous jugeâmes qu’il y avait péril à attendre, et dès le lendemain, lundi 19 Février, les mesures furent prises pour commencer nos fouilles.

Gaillard 1883a, p. 6

F. Gaillard produit son rapport et ses conclusions qui sont présentés devant la SPM lors de la séance de juillet 1883. Tout se passe bien, jusqu’au moment où une lettre de G. Thomas de Glosmadeuc vient tout mettre par terre :

Les ossements de port-Blanc et le mémoire de notre collègue de Plouharnel paraissaient jugés définitivement par la Société d’Anthropologie de Paris, qui louait Mr Gaillard des soins et de la méthode apportés par lui dans son exploration, constatait sur le crâne perforé des traces incontestables de la trépanation , et reconnaissait la contemporanéité des ossements et des dolmens qui les recelaient, lorsque la discussion déjà close sur ces questions, a été réouverte inopinément , à la fin de la même séance par Mr Letourneau, en communiquant une lettre adressée par Mr G. de Glosmadeuc. Malgré l’opinion qu’il cite de Mr de Mortillet et Gaillard, pour lesquels les squelettes de Port Blanc sont celtiques, notre savant collègue de Vannes déclare qu’il croit tout le contraire et espère le prouver, à la suite de l’étude qu’il fait d’un lot considérable de ces squelettes et qui déjà l’induit à croire que ces squelettes n’ont qu’une relation accidentelle avec le monument celtique de Port Blanc. Quant au « crâne » prétendu « trépané » il exprime le vœu que cette pièce soit examinée avec le plus grand soin.

La conséquence naturelle de cette lettre est de suspendre, dans notre société bretonne, le jugement définitif sur ces délicates questions, et de nous faire attendre, pour arrêter notre opinion, les résultats des discussions nouvelles que va certainement provoquer, au sein de la société d’Anthropologie, le travail annoncé par notre vice-président et dont nous espérons bien avoir la primeur.

Toute cette lecture a été accompagnée par Mr Mauricet de réflexions sur les connaissances médicales déjà possédées par nos ancêtres, à l’époque du sujet trépané de Port-Blanc. Il y a là effectivement, si cette trépanation sort victorieuse des discussions qui l’attendent encore, une nouvelle preuve à l’encontre de l’état de barbarie dans lequel on s’est peut-être trop complu à faire vivre les hommes de ces temps reculés.

BSPM 1883, 371éme séance, 31 Juillet 1883, p. 21

Lors de la séance d’août 1883, F. Gaillard présente les résultats des fouilles d’une nécropole de l’âge du Fer sur l’îlot de Tihinic, situé juste à nord du port de Portivy, donc situé à moins d’un kilomètre des dolmens de Port-Blanc. C’est l’occasion pour lui de pointer les changements d’avis du Docteur de Glosmadeuc.

Pour appuyer son opinion sur l’antiquité des sépultures de l’île Thinic, Mr Gaillard fait de longues citations, empruntées avec à propos à un mémoire publié dans notre bulletin de 1868, dans lequel Mr de Glosmadeuc notre autre collègue, rend compte de la découverte, dans les dunes de la pointe de Quiberon, de sept coffres en pierre renfermant des squelettes, qu’il donne comme contemporains des dolmens de la région, si même il ne les croit pas d’une époque antérieure.

BSPM 1883, 372éme séance, 28 août 1883, p. 24

G. Thomas de Glosmadeuc trouve plus simple de ne présenter aucun argument, jugeant qu’il a atteint son but : discréditer son collègue. Président de la SPM en 1884, mais toujours homme de conflit, il relance la controverse lors de la séance de septembre 1884, au détour d’un autre rapport de fouille. F. Gaillard lui répond à la fin d’un exposé sur « Une exploration archéologique sur l’Île Téviec », présenté à la SAP, lors de la séance du 24 mai 1885. Pour faire bonne mesure, F. Gaillard a adressé sous pli son exposé à tous les membres de la SPM :

Les discussions sur les questions de trépanation du crâne et la contemporanéité des ossements et des Dolmens de Port Blanc, avaient été ouvertes inopinément par la lettre susdite de Mr de Closmadeuc en Avril 1883, et il y avait lieu, par conséquent d’attendre le travail et les preuves contraires qu’elle annonçait.

Depuis lors on attendait donc, comme on attend aujourd’hui, sans trop y compter, le fruit des études de Mr de Closmadeuc, qui doivent prouver au mode savant, quoi qu’en pense la société d’Anthropologie, que les squelettes avec lesquels se trouvait le crâne prétendu trépané, ne sont pas plus que lui de l’époque des dolmens. Or voici qu’au lieu de ces études et de preuves à l’appui, qu’il est difficile sans doute de produire, Mr de Closmadeuc termine un rapport sur la fouille qu’il a faite en 1884 d’un dolmen tumulaire au Rohello, en Baden, par cet étrange paragraphe :

Etant donné ce monument ruiné du Rohello, accessible depuis longtemps et incontestablement visité à une époque récente, qu’aurions-nous pu désirer de plus, des squelettes entiers, admirablement conservés, comme on en a extrait des cavités des dolmens de Port Blanc ? Nous en aurions conclu assurément, comme nous l’avons fait en tout temps et lieu que ces squelettes entiers entassés en grand nombre sont suspects et qu’étrangers à l’époque des dolmens ils y ont été accidentellement enfouis, suivant toute probabilité, à un moment bien postérieur et relativement moderne. Vous auriez peut-être été de mon avis et la science n’y aurait rien perdu (BSPM 1884 2ème semestre, p. 171 )

On ne s’attendait guère à voir port Blanc dans cette affaire.

Conclu ! … une conclusion suppose un raisonnement ; mais affirmer ou nier seulement n’est pas raisonner.

En temps et lieu ! Quand ? …Où ? Il n’y a jusqu’à présent, que je sache, de Mr de Closmadeuc, que sa négation et ses espérances de preuves opposées, en Avril 1883, et sa suspicion continue renforcée d’une nouvelle négation publiée en 1884. Des raisons, les preuves promises, Elles sont toujours à venir.

Gaillard 1885a

Face à cela, le docteur de Closmadeuc continue de jouer la montre. Il indique, lors de la séance d’octobre 1885 de la SPM qu’il va communiquer des documents intéressants.

Mr le Dr de Closmadeuc demande la parole à propos du procès-verbal : il a été, dit-il, fait mention à la dernière séance d’une lettre (signée Gaillard) adressée à la société d’Anthropologie de Paris. Notre honorable Collègue qui présidait, en en faisant le dépôt, n’a pas jugé à propos d’en donner lecture, tous les membres de la société polymathique -excepté moi -en ayant reçu par la poste et sous bande, un exemplaire en forme de circulaire. Mon intention n’est pas d’occuper la Société d’un sujet de si peu d’importance ; mais ayant eu l’occasion d’échanger une correspondance avec la société d’Anthropologie, dont je suis membre, je prierai notre honorable président de bien vouloir réunir prochainement le bureau de la SPM, auquel je désire communiquer des documents intéressants, dont il ne manquera pas d’être satisfait comme je l’ai été moi-même.

BSPM 1885, 398éme séance, 27 octobre 1885

En avril 1886, G. Thomas de Closmadeuc rendu prudent, ne cherche plus à prouver que les ossements sont récents, il estime simplement qu’il n’est pas démontré qu’ils sont contemporains des dolmens.

Il y a donc lieu de garder une certaine réserve dans l’appréciation de l’âge des stone-cists de Quiberon… Si on n’a pas démontré que les stone-cists étaient antérieurs aux dolmens, on n’a pas démontré davantage jusqu’ici qu’ils en étaient contemporains. Il est bon que, dans une société comme la nôtre, à laquelle on ne saurait contester la compétence, des voix s’élèvent pour réclamer des suppléments de preuves aux classifications systématiques et aux conclusions prématurées

Un sujet chasse l‘autre, la polémique des dolmens s’essouffle. Les membres de la SPM semblent vouloir tourner la page. Mais G. Thomas de Closmadeuc est puissant. C’est un chirurgien reconnu à Vannes, célèbre pour avoir pratiqué les premiers accouchements par césarienne, il a été président de la SPM par trois fois, est élu aux différentes commissions, fouille sans relâche et produit des nombreux articles à la fois archéologiques mais aussi historiques pour le bulletin de la société savante vannetaise. Avec un tel antagoniste local, F. Gaillard s’éloigne bientôt de la SPM pour s’investir et publier sous la protection d’une Société d’envergure nationale celle-là : la Société d’Anthropologie de Paris.

Félix Gaillard : le photographe

Les trois albums de photographies

Le 6 mai 1882, Felix Gaillard écrit à Henri Martin : « Je compte également vous envoyer lundi matin les inventaires d’Erdeven Descriptions et plans. En vous remettant peu après les grands plans des alignements de Kermario et de Kerlescan en Carnac qui ne sont retardés que par le nivellement. J’y ajouterai les albums photos complets et entièrement terminés d’Erdeven et en même temps de Plouharnel et de Carnac. »

Ces albums semblent être les mêmes qu’il vendra par la suite comme souvenirs touristiques aux visiteurs de l’Hôtel du Commerce. On retrouve bien les mêmes 3 volumes : Carnac, Erdeven – St Pierre-Quiberon et Plouharnel.

Chaque album est composé d’une vingtaine de clichés format 9 x 6cm, chacun occupant une page avec le titre de la photo, les dimensions et le poids des blocs principaux du monument, ainsi qu’une rose des vents qui semble indiquer l’orientation de la prise de vue. Les exemplaires du musée de Carnac, portent un tampon humide rajouté indiquant « propriété de l’État » pour certains monuments comme le dolmen de Kergavat (Plouharnel), les alignements d’Erdeven, la barre de stèles du Vieux-Moulin (Plouharnel) ou le Grand-Menhir-Brisé (Locmariaquer). Ce complément d’information peut indiquer que ces monuments ont été achetés après la parution des albums.

L’album Plouharnel, conservé au Musée de Préhistoire de Carnac, contient, en première page, une photo du courrier de témoignage de reconnaissance des services rendus à la sous-commission des monuments mégalithiques. On connaît un autre exemplaire du même album contenant aussi cette photo. si la présence d’un tel document en ouverture de l’ouvrage montre la fierté de Gaillard pour cette reconnaissance de l’État, elle nous indique aussi de ces exemplaires ont été montés après mars 188111. Les trois exemplaires de l’album “Plouharnel” que nous avons pu consulter (Musée de Préhistoire de Carnac, BNF et libraire parisien) sont identiques dans leur pagination et leur distribution de photos de monuments mégalithiques. La photo du dolmen de Crucuno (Plouharnel) le montre avant son achat par l’État vers 1882 ; celle du dolmen de Kergavat (Plouharnel) le montre, avant sa restauration de 1883. De ces éléments, on peut estimer que les trois albums ont été créés entre 1880 et 1882.

Même si le seul nom de F. Gaillard apparait bien sur la couverture des albums, il est certain que quatre clichés au moins sont d’Alexandre Laroche, photographe vannetais : une photo des alignements du Ménec (Carnac), la photo du dolmen de Crucuno (Plouharnel) et les deux photos des dolmens de Rondossec (Plouharnel). Nous savons, d’après leur n° de cliché, qu’elles ont été prises vers 1877/187812.

Une recherche approfondie dans ce que nous connaissons des catalogues Carlier13 ou Coupé14, les deux autres photographes pionniers de monuments mégalithiques dans le sud Morbihan, montre que les autres photos ne sont pas d’eux. Ce ne sont pas des clichés à vocation touristique, mais des photos documentant la réalité. On n’insiste pas ici sur la taille de telle ou telle stèle, mais on montre des ensembles ruinés, paraissant dévastés : les menhirs sont plus couchés que debout, plus petits que grands, et plus disséminés que rassemblés.

Félix Gaillard a-t-il fait de simples emprunts à Alexandre Laroche ou bien lui a-t-il sous-traité la création technique des photos ? Nous ne le savons pas. Faire appel à un photographe professionnel pour documenter des fouilles parait raisonnable, l’achat d’une chambre photographique était onéreux à l’époque et le développement pouvait être technique. L’important est que nous sommes certains que Félix Gaillard est le commanditaire, qu’il choisit les sujets et décide des points de vue, il le démontre en ne cherchant pas à faire rêver mais à documenter la réalité.

Les photos des fouilles de Port Blanc

F. Gaillard documente photographiquement les fouilles des dolmens de Port Blanc en 1883, mais il n’est pas l’auteur des photos. Les 9 négatifs sur verre conservés à la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, à Charenton-le-Pont, ne sont pas attribués à un photographe15. Le journal L’Illustration qui reprend en 1883 deux de ces clichés sous forme de gravures, ne sait pas non plus dire qui est le photographe. Il indique « d’après des photographies communiquées à l’Illustration par M. Gaillaud (sic) », or lorsque l’on crédite l’auteur on indique « prises par ».

Mais certaines gravures du Rapport sur les fouilles des dolmens de Port Blanc ou du Rapport sur les fouilles du cimetière Celtique de l’ile Tihinic, portent la mention « Hildebrand Phot. et Lith. » ou « Jh Hildebrand Grav. » (BSPM 1883, p. 6, 231), or Joseph Hildebrand (1822 – ap. 1888) est peintre, graveur et photographe à Vannes entre 1865 et 188516.

Tout concorde donc pour indiquer que les photos des fouilles de Port-Blanc et celles de l’île Thinic sont de Joseph Hildebrand. On peut donc en déduire qu’en 1883, F. Gaillard, appréciant la photographie pour la précision descriptive et sa rapidité, mais ne disposant pas du matériel photographique de qualité nécessaire pour documenter ses fouilles, il a recours aux talents d’un photographe professionnel vannetais. Gaston Cardinal, photographe prolifique à Vannes devient d’ailleurs membre de la SPM en 1882. Certains photographes, tels G. Cardinal ou Stuckelé sont ainsi crédité dans quelques rares comptes-rendus de fouilles publiés par la SPM (par exemple : BSPM 1885, 395éme séance, 8 juillet 1885. p. 22).

Les photos familiales de 1888

Pour autant, il ne fait aucun doute que F. Gaillard va pratiquer la photographie avec enthousiasme à partir de 1888, peut-être même avant. Les photos de sa famille au milieu des principaux sites mégalithiques de Carnac-Locmariaquer sont d’une qualité technique remarquable, les cadrages sont faits à la perfection et chaque personnage est à sa juste place. C’est un véritable plaisir de feuilleter le fascicule « Mémoires de Pierres à Carnac ».

Personnage singulier et attachant, Félix Gaillard vaut bien mieux qu’un article. Considéré comme un simple « hôtelier » par les notables, considéré comme un « emmerdeur » par les agriculteurs, il s’est battu sur tous les fronts pour protéger notre patrimoine mégalithique et lui permettre de se hisser bientôt au rang de « Patrimoine de l’Humanité ». Qu’il en soit ici remercié.

Philippe le Port et Cyrille Chaigneau pour Les Vaisseaux de Pierres

Publications de Félix gaillard

De 1880 à 1906, Félix Gaillard publia de nombreux articles sur les fouilles et restaurations qu’il pratiqua sur la côte Morbihannaise. Certains travaux furent également publiés à part par des éditeurs de la région. Il fut également le premier à publier un inventaire précis et détaillé des mégalithes de ce secteur. Chaque site y est précisément décrit avec indication de la parcelle cadastrale où il se situe, le tout reporté sur une carte du secteur étudié. Il publia également divers fascicules destinés aux visiteurs de la région. Enfin, on lui doit également le premier véritable ouvrage d’archéo-astronomie sur les mégalithes de la région de Carnac.

  • Gaillard F., 1881. « Rapport général déposé à la Société polymathique en séance du 30 novembre 1880, sur les plans des alignements », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 24, 1880 [1881].- p. 180-187.
  • Gaillard F., 1882. Les monuments mégalithiques : Erdeven, Plouharnel, Carnac, Locmariaquer. Guide et itinéraire avec indication des acquisitions et des restaurations faites par l’État.- Vannes, impr. Galles, 1882.- in-8°, 30 p., pl.
  • Gaillard F., 1883a. « Rapport déposé à la sous-commission des monuments mégalithiques sur les fouilles des dolmens de Port-Blanc », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p. 6-20.
  • Gaillard F., 1883b. « Rapport sur les restaurations des monuments mégalithiques, alignements du Ménec en Carnac et de Kergheno en Erdeven », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p.-v., p. 20.
  • Gaillard F., 1883c « Une étymologie [bretonne] entre mille [Roc’h-Guyon et Tal Rondossec, le Rocher-Guyon, près Rondossec, dolmen] », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p. 6, 72-75.
  • Gaillard F., 1883d. « Er Fouseu. Les fosses ou les tombeaux (mai 1883) [près du village de Pontivy en Saint-Pierre-Quiberon, dolmen] », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p. 76-78.
  • Gaillard F., 1883e. « Dolmen de Bekour-Noz en Saint-Pierre-Quiberon », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p. 78-81.
  • Gaillard F., 1883f. « Fouilles du quatrième dolmen du Mane-Remor (Plouharnel) », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p. 223-225 (existe un tirage à part : Vannes : Impr. de Galles , 1884).
  • Gaillard F., 1883g. « Les deux cists [dolmens fermés] du Mane-Groh’ et de Bovelane à Erdeven (fouilles du 30 juillet 1883 », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p. 225-226.
  • Gaillard F., 1883h. « Une exploration archéologique à l’île de Théviec », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p. 226-229.
  • Gaillard F., 1883i. « Les cists des bois de Puco à Erdeven (septembre 1883) », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p. 229-231.
  • Gaillard F., 1883j. « Rapport sur les fouille du cimetière celtique de l’île de Thinic, 15 août 1883 », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 27, 1883.- p. 231-241.
  • Gaillard F., 1883k. « Rapport sur les fouilles du cimetière celtique de l’île Thinic, à Pontivy en Saint-Pierre-Quiberon », in : Comptes-rendus de l’Association française pour l’avancement des sciences, session de Rouen, t. 27, 1883, n° 2.- p. 622-631.
  • Gaillard F., 1883l. « Fouilles des dolmens du Port-Blanc (Saint-Pierre-Quiberon) », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 6, 1883.- p. 292-312.
  • Gaillard F., 1884a. « Fouilles du dolmen de Rogarte, près de la Madeleine et du coffre de pierre du dolmen de la Madeleine en Carnac », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, 1883 [1884].- p. 241-246. [existe un tirage à part intitulé : Fouilles du dolmen de Rogarte, près de la Madeleine et du coffre de pierre du dolmen de la Madeleine en Carnac, 20 novembre 1883.- Vannes, imp. Galles, 1884.- 6 p., pl.].
  • Gaillard F., 1884b. « Le cimetière celtique de l’île Thinic à Pontivy en Saint-Pierre-Quiberon », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 7, 1884.- p. 12-17.
  • Gaillard F., 1884c. « Une série d’exploration à Plouhinec », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 7, 1884.- p. 348-351.
  • Gaillard F., 1884d. « Les sépultures gauloises du rocher de Port-Bara en Saint-Pierre-Quiberon », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 7, 1884.- p. 710-716.
  • Gaillard F., 1884e. « Une exploration archéologique à l’île Téviec, 28 août 1883 », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 8, 1885.- p. 406-415 [existe un tirage à part, voir : Gaillard 1884f.- 4 p.].
  • Gaillard F., 1884f. Les deux cists du Mané-Groh et de Bovelane, Erdeven, 30 juillet 1883. Une exploration archéologique à l’île Téviec, 28 août 1883. Les cists des bois de Puço, Erdeven, 7 septembre 1883. Rapports déposés à la Commission des monuments mégalithiques, à la Société d’anthropologie à Paris et à la Société polymathique, à Vannes.- Vannes, Impr. de Galles, 1884.
  • Gaillard F., 1884g. « Sépulture de l’île de Thinic, à Pontivy », in : L’Homme, 1884.- p. 303-306.
  • Gaillard F., 1884h. Rapport sur les restaurations des monuments mégalithiques au 19 juillet 1883 déposé à la commission des monuments mégalithiques, à la Société d’anthropologie, à Paris, et à la Société polymathique, à Vannes (1884).- Vannes : Impr. de Galles , 1884.
  • Gaillard F., 1884i. Une série d’explorations à Plouhinec. Le Tumulus du Griguen, les dolmens de Kerouaren, de Beg-En-Havre et du Mané-Braz. Rapport déposé à la commission des monuments mégalithiques et à la Société d’Anthropologie à Paris. Vannes, 1884.
  • Gaillard F., 1885a. « Une exploration archéologique à l’île Téviec, 28 août 1883 », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 8, 1885 (séance du 2 mars).- p. 406-415 [existe un tirage à part, voir : Gaillard 1884f.- 4 p.].
  • Gaillard F., 1885b. « L’’habitation gauloise du Mané-Gohenne et le dolmen du Mané-Hyr à Kergroix en Carnac (fouilles d’août 1885) », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 8, 1885.- p. 639-642 [existe un tirage à part, voir : Gaillard 1885g]..
  • Gaillard F., 1885c. Les monuments mégalithiques et les fouilles de 1883 et 1884 : Erdeven, Plouharnel, Carnac, Quiberon, Locmariaquer. Guide et itinéraire avec indication des acquisitions et des restaurations faites par l’État.- Rennes, typog. Alph. Le Roy fils, 1885 (2ème édition revue et augmentée).- in-16°, 43 p., fig., 9 pl., 1 carte.
  • Gaillard F., 1885d. « Silex craquelés trouvés à Beg-er-Goalennec », in : Comptes-rendus de l’Association française pour l’avancement des sciences, session de Grenoble, 1885, t. 1.- p. 157.
  • Gaillard F., 1885e. « Séance du 15 octobre 1885 de la Société d’anthropologie de Paris », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, 1885.- p. 623.
  • Gaillard F., 1885f. « Lecture de deux compte-rendu de fouille : L’île de Rohellan, en Erdeven ; le dolmen de Pendrec, en Crac’h », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, 1885.- procès verbaux p. 9.
  • Gaillard F., 1885g. L’habitation gauloise du Mané-Gohenne et le dolmen du Mané-Hyr à Kergroix en Carnac (fouilles d’août 1885). Paris, impr. de A. Hennuyer , 1886.
  • Gaillard F., 1886a. « Le dolmen à double étage de Kervilor, à la Trinité-sur-Mer et observations sur les dolmens à grandes dalles et ceux à cabinets latéraux », dans : Comptes-rendus de l’Association française pour l’avancement des sciences, session de Nancy, 1886, t. 1.- p. 176 et t. 2, p. 651-655 [existe un tirage à part ; Paris, 1886.- in-8°].
  • Gaillard F., 1886a. « Le tumulus de Kergouret, en Carnac », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 9, 1886.- p. 160-162 [existe un tirage à par intitulé : Le dolmen [????] de Kergouret, en Carnac, 22 février 1886.- Paris, 1886.- in-8°].
  • Gaillard F., 1886b. « Les galeries gauloises et le dolmen à double étage de Kervilor à la Trinité-sur-mer, fouilles du 10 avril 1886 (1887) », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 9, 1886.- p. 475-481.
  • Gaillard F., 1886c. « Présentation de silex craquelés trouvés à Beg-er-Goalennec », in : Association française pour l’avancement des sciences, compte-rendu de la 14ème session, Grenoble. 1885. p.157.
  • Gaillard F., 1886d. « L’atelier de silex et de pierre polie du rocher de Beg-er-Goalennec, en Quiberon », in : Association française pour l’avancement des sciences, compte-rendu de la 14ème session, Grenoble. 1885. p.178 ; 543-548.
  • Gaillard F., 1886e. « A propos des fouilles de Bec-er-Vill », in : Bulletin de la Société polymathique de Vannes (1er semestre 1886) (indiqué dans data BNF mais pas trouvé, il y a un article de Closmadeuc sur Beg-er-Vill où il insiste sur le fait qu’on ne peut pas affirmer la contemporanéité mais pas de réponse de Gaillard trouvée dans le bulletin de la SPM).
  • Gaillard F., 1886f. Guide et itinéraires.- Rennes, 1886.
  • Gaillard F., 1887a. « Le dolmen de Rogarte près la Madeleine et le coffre de pierres de la Madeleine en Carnac », in : L’Homme, t. 4, 1887.- p. 114-122.
  • Gaillard F., 1887b. « De l’étude des dolmens, ainsi que de tous les monuments mégalithiques, par leurs construction », in : Bulletin archéologique de l’Association bretonne, 1887.- p. 128-134.
  • Gaillard F., 1887c. « Du tumulus de Kerlescan à Carnac, de son acquisition et de sa restauration », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 10, 1887.- p. 687-693.
  • Gaillard F., 1887d. « A propos des fouilles de Bec-er-Vill (réponse à M. de Closmadeuc) », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan (1er semestre 1886).- 1887 [existe un tirage à part : Vannes : Lafolye, 1887.- 10 p.].
  • Gaillard F., 1888a. « Le dolmen de Kergo en Carnac », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, 3ème série, t. 11, 1888.- p. 430-433.
  • Gaillard F., 1888b. « Les alignements de menhirs dans le Morbihan et leur définition », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, 3ème série, t. 11, 1888.- p. 434-437.
  • Gaillard F., 1888c. « Observations sur le complément de la restauration du tumulus de Kerlescan », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, 3ème série, t. 11, 1888.- p. 461-463.
  • Gaillard F., 1888d. « Lecture d’une lettre de F. Gaillard signalant la destruction de menhirs à Sainte-Barbe, Plouharnel », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, 1888.- Procès verbaux, p. 36.
  • Gaillard F., 1889a. Les monuments mégalithiques et les fouilles de 1883 à ce jour : Erdeven, Plouharnel, Carnac, Quiberon, Locmariaquer. Guide itinéraire avec indication des acquisitions et des restaurations faites par l’État.- Tours, P. Bousrez, 1889.- 56 p., cartes, 17 cm.
  • Gaillard F., 1889b. « La restauration du dolmen de Roch’en-Aud, en Saint-Pierre-Quiberon », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 12, 1889.- p. 125-128.
  • Gaillard F., 1889c. « Les coffres de pierres du dolmen de Goalennec à Quiberon », in : Comptes-rendus de l’Association française pour l’avancement des sciences, session de Paris, 1889, t. 1.- p. 338.
  • Gaillard F., 1889d. « Le dolmen de Roch’parc Nehul près Saint-Jean, à Riantec. Fouilles du 18 septembre 1888 », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 12, 1889.- p. 193-196.
  • Gaillard F., 1889e. « Sur les alignements et menhirs du Morbihan », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, 3ème série, t. 12, 1889.- p. 424-425.
  • Gaillard F., 1890a. « Des menhirs isolés, des talus et de leur concordance avec les dolmens. Fouilles de Plouharnel et de Lann-Kerber, en Belz », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 34, 1890.- p. 6-13 [existe un tirage à part].
  • Gaillard F., 1890b. « La contemporanéité des coffres de pierres et des dolmens. Les coffres de pierres du tumulus à dolmen du Goalennec à Quiberon », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 34, 1890.- p. 61-70.
  • Gaillard F., 1890c. « De divers dolmens fouillés autrefois. Compléments inédits. Observations nouvelles [dolmens de Kerdaniel, en Crach ; du Mane-Bras, à Kelvezin, en Carnac ; de Lann-Pondêque, en Carnac ; de Er-Mar, à Crac’h ; du Mane-Lys, à Kervilor ; de Klud-er-Yer, en Carnac] », in : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, t. 34, 1890.- p. 112-126.
  • Gaillard F., 1892a. « Le dolmen de la pointe de Conguel à Quiberon. Fouilles du 25 juillet 1891 », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 3, 1892 (séance du 21 janvier 1892 ).- p. 37-47 [existe un tirage à part : Paris : impr. de A. Hennuyer , 1892].
  • Gaillard F., 1892b. « Le menhir et le dolmen du Roch’ Priol à Quiberon », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, 1892.- p.71-73.
  • Gaillard F., 1892c. « Inventaire avec cartes des monuments mégalithiques du Morbihan dans le périmètre des acquisitions de l’État dans les cantons de Quiberon, Belz et Locmariaquer », in : Revue des Sciences naturelles de l’Ouest, 1892 [existe un tirage à part : Paris, Aux bureaux de la revue des sciences naturelles de l’Ouest, 1892. – in-8°, 67 p., 25 cm.].
  • Gaillard F., 1893a. « Renseignements nouveaux sur les gisements de Port-Bara et Toul-Bras », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 4, 1893.- p. 673-674.
  • Gaillard F., 1893b. « Gisement néolithique près du Castellic-en-Carnac », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 4, 1893.- p. 225-231.
  • Gaillard F., 1894. « Notes sur les sculptures de Gavrinis et les ornements de la poterie des dolmens », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 5, 1894.- p. 175-177 (comporte également des notes sur la fouille de Mané-Rouquellec à Plouharnel).
  • Gaillard F., 1895. « Le dolmen de Grah’ Niol, à Arzon (Morbihan) 10 août 1895 », in : Bulletin et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, 4ème série, t. 6, 1895.- p. 672-683.
  • Gaillard F., 1897a. « Le Dolmen du Mané Hui à Kerléarec en Carnac », in : Bulletin et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, 4ème série, t. 8, 1897, p. 34-38.
  • Gaillard F., 1897b. « L’astronomie préhistorique », in : Revue mensuelle internationale d’astronomie, de météorologie et des sciences d’observation. 1897.- 176 p.
  • Beauregard O., Gaillard F, 1897. « 663ème séance. 20 mai 1897. Objets offerts », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, 4ème série, t. 8, 1897.- p. 243.
  • Gaillard F., 1900. « Le tumulus du passage du Laz à Carnac », in : Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. 1, 1900.- p. 38-40.
  • Gaillard F., 1906a. « L’atelier de silex taillés et de pierres polies du rocher de Beg-er-Goalennec en Quiberon », in : L’Homme préhistorique, 1906.- p. 289-301. (à vérifier, la BNF donne : L’atelier de silex et de pierre polie du rocher de Beg-er-Goalennec en Quiberon, 30 septembre 1884 (1886).- Paris : Impr. de Chaix, 1886)
  • Gaillard F., 1906b. Le dolmen de Kercado en Crac’h, 10 juillet 1906.- Lorient, Impr. Jumel, 1906.- in-8 agrafé, 4 p. 1 plan dépl. h.-t.
  • Gaillard F., 2004. L’astronomie préhistorique [reproduction en fac-similé].- Plouharnel : HCom éd. , impr., 2004.- 172 p. (précédemment paru par épisodes dans la revue mensuelle : “Les sciences populaires”)

Bibliographie

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  • Balcou J., 2009 .« Renan et Le Brésil », in : Ernest Renan et le Brésil. Actes du colloque organisé par l’ERIMIT – Université de Rennes II. Octobre 2005. Études Renaniennes, année 2009, n° 111, p. 13-28 (https://www.persee.fr/doc/renan_0046-2659_2009_num_111_1_1580).
  • Cassen S., Boujot C., Grimaud V., Celo O., Chaigneau C., Obeltz C., Vigier E., 2021. Carnac. Récit pour un imagier. Nantes : LARA/Université de Nantes (coll. : Lithogénies, n° 2), 168 p.
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  • Crowhurst H., Gaillard Ph., 2004. Mémoire de pierres à Plouharnel : photographies et textes inédits de Félix Gaillard, 1870 à 1895, Plouharnel, HCom, 2004.
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  • Hurel A., 2007. La France préhistorienne de 1789 à 1941. Chap 2. L’ébauche d’une protection des monuments préhistoriques. CNRS Éditions, 2007, p. 53-86 (https://books.openedition.org/editionscnrs/9016?lang=en#ftn69)
  • Kerviler.- t. 8, n° 108, p. 102-104
  • Labesse Ed.-D., Pierret H., 1893. Notre Pays de France – Bretagne – Le Roi du Biniou. 90 dessins de MM. L. Mouchot, S. Masson, A. O’Callaghan, etc.. Paris, Librairie Ducrocq, éd., 1893, 272 p.
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  • Le Rouzic Z., 1930. « Bijoux en or découverts dans les dolmens du morbihan », in : Revue des Musées, fouilles et découvertes archéologiques, n°30, 1930, 5éme année, n°6, p. 169-175. (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3048644d/f181.image.r=Plouharnel?rk=21459;2#)
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  • Macé A., 1889. « Le vandalisme dans le Morbihan. Les alignements de Sainte-Barbe en Plouharnel », dans : Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, tome 1, 1ère livraison, janvier 1889.- Nantes / Vannes ; O. de Gourcuff / Albert Macé, 1889.- p. 74-77.
  • Martin H., Mortillet G. de, Salmon P., Chantre E., Cartailhac E., Leguay L., 1880. « Inventaire des monuments mégalithiques de France », in : Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, 1880 (3), p. 64-131. (https://www.persee.fr/doc/bmsap_0301-8644_1880_num_3_1_3290)
  • Merlin (pseudo.), 1889. « Lettres de Vannes, 9 janvier 1880 », in : La Revue illustrée, 4ème année, t. 4, n° 4, 15 janvier 1889, p. 79 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110264m.image.r=GAILLARD.f75.hl)
  • Miclon M., Miclon G., 2018. En voyage avec George Sand. La Bouinotte éditions, 2018 (compilation de correspondances et des agendas de George Sand) (https://www.amisdegeorgesand.info/wp-content/uploads/2021/11/GS-en-Bretagne-_Fournier1.pdf) ↩︎
  • Richard N., 2024. « Un monde d’amateurs révélé par une collection : le musée Miln et l’archéologie préhistorique à Carnac autour de 1900 », in : Amateurs en sciences : une histoire par les collections. Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, Nantes, 2021. Paris, éditions du CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques), 2024.
  • Thomas de Closmadeuc G., 1882. « Ldea découverte des grottes de Plouharnel en 1849 d’après les sources et documents authentiques », in : Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1882, p. 174-178 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207580m/f184.item)

Notes et webothèque

  1. Cf. https://sites.google.com/site/megalithesinfo3/p%C3%B4le-menhirs ↩︎
  2. Note dans le texte d’origine : “Les celts sont les objets les plus communs et les plus caractéristiques de l’âge du Bronze, ce sont probablement des ciseaux, des haches de guerre, etc.“. ↩︎
  3. Cf. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k14158867/f86.item ↩︎
  4. « Un édifice appartient à son propriétaire, mais sa beauté appartient à tout le monde. C’est donc dépasser son droit que de le détruire » Victor Hugo, article « Guerre aux démolisseurs » 1832 ↩︎
  5. Nous avons pu consulter les photos d’une dizaine de courriers envoyés par F. Gaillard à H. Martin, sans savoir où ils sont archivés (soit aux AD56 à Vannes, soit à la Bibliothèque du Patrimoine, à Charenton-le-Pont). La liste des achats fait par Félix Gaillard pour le compte de l’État est la suivante :
    – Alignements du Menec, à Carnac : acquis de 02/04/1882 au 29/08/1883 (429 menhirs) pour la somme de 8578 Fr, puis le 20/10/1885, la majeure partie du restant du site pour 2712,50 Fr.
    – Dolmen de Mané Rumeur, à Plouharnel : acquis en 1881 pour la somme de 30 Fr.
    – Dolmen de Crucuno, à Plouharnel : acquis le 30/08/1882, pour la somme de 900 Fr
    – Quadrilatère de Crucuno, à Plouharnel (21 menhirs) : acquis le 15/10/1882 pour une somme de 300 Fr.
    – Dolmen de Runesto, à Plouharnel : acquis le 23/11/1883, pour la somme de 100 Fr.
    – Dolmen de Kergavat, à Plouharnel : acquis le 23/11/1883, pour la somme de 25 Fr.
    – Les dolmens de Mané Kerioned, à Carnac : acquis le 23/11/1883, pour la somme de 90 Fr.
    – Dolmen de Keriaval, à Carnac : acquis le 21/11/883, pour la somme de 50 Fr.
    – Alignements et enceinte de Kerlescan, à Carnac : acquis le 27/10/1887, pour la somme de 17 480 Fr.
    – Dolmens de Port-Blanc et de Roch enn Aud, à Saint-Pierre-Quiberon : acquis le 29/12/1884, pour la somme de 100 Fr.
    – Dolmen du Gohquer, à Plouharnel : acquis le 23/11/1883, pour la somme de 30 Fr.
    – Dolmen de Mané Groh, à Erdeven : acquis le 18/12/1883, pour une somme de 208 Fr.
    – Alignements de Sainte Barbe, à Plouharnel : acquis le 20/11/1883, pour la somme de 168,60 Fr. (11 menhirs), et le 09/11/1885(5 menhirs), pour la somme de 100 Fr
    – Alignements du Vieux Moulin, à Plouharnel (6 menhirs) : acquis le 29/12/1883 pour la somme de 60 Fr.
    – Alignements de Kerzerho, à Erdeven (180 menhirs) : acquis du 12/05/1883 au 29/11/1883 pour la somme de 1800 Fr.
    – Alignements de Kermario, à Carnac : acquis le 30/11/1882 pour la somme de 18000 Fr. (370 menhirs et un dolmen), puis le 01/10/1885, 37 menhirs pour la somme de 2250 Fr.
    – Alignements de Saint-Pierre-Quiberon : acquis du 2309 et 04/12/1884 pour la somme 1250 Fr. ↩︎
  6. Sites fouillés par Félix Gaillard :
    – Arzon : Dolmen de Grah-Niol.
    – Belz : Sépulture néolithique de Lann-Kerber.
    – Crac’h : Dolmen d’Er-Mar / Dolmen de Kercado (non publié)
    – Carnac : Dolmens de Kergo / Tumulus du passage du Lac-Latz (Néolithique moyen 1, et dolmen secondaire) / Tumulus à dolmen de kergouret / Dolmen de Klud-er-Yer / Dolmen de Mané Braz, Kelvezin / Dolmen de Lann-Pondeque / Dolmen de Rogarte / Coffre de pierre de la Madeleine / Tumulus de Mané-Hui (Néolithique moyen 1) / Habitat de Kergroix (gaulois?) / Gisement néolithique du Castellic.
    – Erdeven : Coffre de Pierre de Lann-er-Groh (Néolithique moyen 1) / Coffre de pierre de Bovelann (Néolithique moyen 1) / Tertre avec coffres du Puço / Tumulus de Kervazic, fouillé en 1877 (?) sans résultats et non publié / Dolmen de Keredo, non publié / Île de Rohellan (poterie romaine et éclats de silex), non publié mais signalé par l’abbé Lavenot (BSPM 1888, p.133)
    – Locoal-Mendon : Coffre de Mané-er-Loh
    – Ploemel : Dolmens de Kergonvo, fouillés en 1887, non publié.
    – Plouharnel : Coffre de Mané-Remor (Néolithique moyen 1) en 1883 / Sépulture néolithique de Tenat-Bras / Site de Mané-Rouquellec / Dolmen de Kergonan en 1890 (dresse un plan)
    – Plouhinec : Tumulus du Griguen (âge du Bronze) / Dolmen de Kerouaren / Dolmen de Beg-en-Havre / Dolmen de Mané-Braz.
    – Quiberon (Presqu’île de) : Île Thinic (âge du Fer et Néolithique) / Île de Téviec (habitat néolithique) / Port-Bara (sépultures gauloises) / Site de Toul-Bras (habitat gaulois) / Beg-Er-Goalennec (atelier néolithique) / Dolmen et coffre de pierre de Goalennec (Néolithique et indéterminé) / Dolmens de Port-Blanc (néolithique moyen 2) / Sépulture sous tumulus de Er Fousseu (âge du Fer ?) / Dolmen de Bekour-Noz / Beg-er-Noz (Néolithique) ↩︎
  7. Louis Cappé (1840-1886), un travailleur de l’ombre de l’archéologie carnacoise – Cyrille Chaigneau, Nathalie Richard, Hadrien Viraben. Amateurs en sciences (France, 1850-1950) : une histoire par en bas. Consulté le 13 mai 2024, à l’adresse https://doi.org/10.58079/b48g ↩︎
  8. Cf. : file:///home/utilisateur/T%C3%A9l%C3%A9chargements/abpo-2055.pdf ↩︎
  9. A l’entrée de Félix Gaillard en 1883, la SAP rassemble 714 membres et correspondants, soit 331 membres résidants à Paris, 129 sont domiciliés hors de la capitale, 86 membres associés étrangers (don SM Don Pedro), 72 correspondants nationaux, et 96 correspondants étrangers. A la même date, la SPM rassemble 171 membres, 60 ayant le titre de résidents, 80 non-résidents, plus 31 membres honoraires ou correspondants ↩︎
  10. Le Bulletin de la Société d’Anthropologie de Paris n’est disponible en ligne sur Gallica que jusqu’à l’année 1899. Nous n’avons pas pu vérifier pour les années suivantes. ↩︎
  11. Cette photo n’est pas présente dans les volumes “Carnac” et “Erdeven” conservés au Musée de Préhistoire de Carnac, ni sur le volume “Plouharnel” conservé par la BNF (voir : Gallica) ↩︎
  12. Cf. https://lesvaisseauxdepierres-carnac.fr/photographe-datelier-et-photographe-des-megalithes-2-alexandre-laroche-1850-1938/ ↩︎
  13. Cf. https://lesvaisseauxdepierres-carnac.fr/photographes-et-megalithes-1-casimir-ferdinand-carlier-1829-1893-photographe-datelier-et-photographe-des-megalithes/ ↩︎
  14. Cf. https://lesvaisseauxdepierres-carnac.fr/photographe-datelier-et-photographe-des-megalithes-3-joseph-marie-coupe-a-auray-1834-1895/ ↩︎
  15. Cf. https://monumentum.fr/monument-historique/pa00091709/saint-pierre-quiberon-dolmen-du-port-blanc ; pour les photos seulement, cf. https://www.pop.culture.gouv.fr/search/list?mainSearch=%22fouilles%20ossements%22&ou=%5B%22Saint-Pierre-Quiberon%22%5D ↩︎
  16. Cf. http://www.portraitsepia.fr/photographes/hildebrand/ ↩︎

Pour citer cet article : Le Port P., Chaigneau C., 2024. « Félix Gaillard (1832-1910) : hôtelier, archéologue et photographe de mégalithes », in : Les Vaisseaux de Pierres. Exploration des imaginaires autour et sur les mégalithes de Carnac et d’ailleurs, mis en ligne le 13 mai 2024.- https://lesvaisseauxdepierres-carnac.fr/, consulté le : …

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  1. Anne

    Passionnant, et oui merci à lui !

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