Le musée imaginaire (3) : Victor Hugo

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Nous parlons souvent d’art visionnaire à bord des “Vaisseaux de Pierres”… Et bien Victor HUGO fait partie de cette grande famille artistique.

Dolmen où m’a parlé la bouche d’ombre (vers 1855) – Dessin, lavis – 24,9 x 19,1 cm – Paris, Musée Victor Hugo / Musées de la Ville de Paris – Maison de Victor Hugo – Hauteville House (n° MVHP D 0136) / Tous droits réservés

Si tout le monde connait l’œuvre littéraire et poétique d’Hugo, si certains connaissent son parcours politique, peu de gens savent qu’il fut aussi un très grand peintre, habité, fiévreux, halluciné, visionnaire au sens plein du terme. Son œuvre graphique est principalement composée de dessins et de lavis. Une grande partie est exposée au Musée Victor Hugo, place des Vosges à Paris.

On vous reparlera régulièrement de Victor Hugo… Pourquoi ? D’abord parce qu’il visite Carnac en août 1834, avec sa maîtresse Juliette Drouet et que cette visite va profondément l’impressionner, puisqu’il en reparlera régulièrement dans son œuvre, par exemple à plusieurs reprise dans Notre-Dame de Paris. Excusez du peu…

Par ailleurs, Victor Hugo est depuis janvier 1833, membre du Comité des Monuments (futurs Monuments Historiques) auprès de Prosper Mérimée. A ce titre il va entretenir une riche correspondance traitant souvent d’archéologie et de mégalithes.

Mais c’est bien-sûr dans Les Contemplations qu’Hugo met en scène explicitement le dolmen de Rozel (peut-être le dolmen du Faldouet près de Saint Martin, au-dessus de la baie du Rozel à Jerzey), en introduction de l’immense poème de 786 vers qui conclut le recueil : Ce que dit la bouche d’ombre, révélations faite à Hugo par le spectre de la mort :

« L’homme en songeant descend au gouffre universel.
J’errais près du dolmen qui domine Rozel,
À l’endroit où le cap se prolonge en presqu’île.
Le spectre m’attendait ; l’être sombre et tranquille
Me prit par les cheveux dans sa main qui grandit,
M’emporta sur le haut du rocher, et me dit :
»

Ce dessin au lavis intitulé Dolmen où m’a parlé la bouche d’ombre renvoie directement au poème.

Cyrille Chaigneau pour Les Vaisseaux de Pierres

Cette publication a un commentaire

  1. ANNE DECAUDIN

    Merci pour cet article, je ne connaissais pas ce poème d’Hugo

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