Zénaïde Fleuriot, une autrice oubliée

  • Dernière modification de la publication :3 juillet 2024
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FLEURIOT (Zénaïde) 1923.- En Congé, ouvrage illustré de 61 vignettes sur bois par A. Marie.- 14ème édition, Paris, Librairie Hachette, 1923 (1ère édition 1875).- in-8°, 260 p. (18,1 x 11,8 cm).

Quand on visite le cimetière de Locmariaquer, l’œil est attiré par une tombe remarquable… celle de Zénaïde FLEURIOT (1829-1890).

Zénaïde-Marie-Anne FLEURIOT, née à Saint-Brieuc dans une famille chrétienne et légitimiste, est une écrivaine française qui connut à son époque un très grand succès. Elle écrit plus de 83 romans de jeune fille, dont une part importante est publiée dès 1884 chez Hachette dans les collections Bibliothèque rose et Bibliothèque bleue.

Elle publie d’abord quelques essais sous le pseudonyme d’Anna Edianez, puis rapidement ses premiers romans sous le nom de Zénaïde Fleuriot. Après ces premières publications, elle collabora avec « Le Journal des Demoiselles », « La Mode illustrée », « Le Journal de la jeunesse ». L’influence des valeurs familiales lui donne le souci permanent de ne pas blesser la foi chrétienne et les bonnes mœurs. Elle rencontre un grand succès auprès de la bourgeoisie catholique.

Frappée par une suite de deuils et profondément chrétienne, elle songe en 1867 à se faire religieuse cloîtrée, mais poursuit finalement son œuvre littéraire, dirigeant de 1874 à 1879 le journal « La Semaine des familles ». Elle organise et dirige par ailleurs à Paris, à partir de 1871, une école féminine professionnelle.

« En congé » parait en 1875, chez Hachette. Roman épistolaire à vocation morale et pédagogique, on y suit les vacances d’un groupe d’enfants en pays d’Auray… Bien évidemment ils ne manquent pas de visiter, décrire et relater les traditions relatives aux monuments mégalithiques entourant la baie de Quiberon : Gavr’inis, le Grand Menhir, La Table des Marchands, et les monuments de Carnac.

L’édition que nous nous sommes procuré date de 1923 et est magnifiquement illustré par 61 vignettes gravées sur bois de Adrien MARIE, graveur, illustrateur et peintre français (1848-1891). Pour l’anecdote, la 3ème planche de notre dossier est censée montrer le Grand Menhir Brisé de Locmariaquer (« Je t’écris perché sur le plus monstrueux fragment de pierre. » (p. 155))… Or de toute évidence, l’artiste n’a jamais vu le monument et l’imagine à partir du texte de Zénaïde Fleuriot, disposant d’un dossier documentaire incomplet et insuffisant. C’est chose courant dans la chaîne éditoriale du 19ème siècle.

Cyrille CHAIGNEAU pour Les Vaisseaux de Pierres

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