


Né à Rennes en 1888, issu d’une famille modeste de cheminot, il est employé avec son père à la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest jusqu’en 1935. En parallèle, il s’épanouit en suivant les cours du soir à l’école des Beaux-Arts de Rennes, où il apparait dans les registres scolaires de 1907-1908 à 1912-1913 comme « comptable » ou « employé ».
Marié et père de famille, il peint à ses heures perdues et pendant ses congés. Pour autant cette carrière artistique, menée en parallèle de son travail alimentaire, est riche et abondante. Garin s’essaye autant à la peinture de chevalet, la peinture décorative, qu’à l’illustration, l’affiche et la publicité pour lesquelles il fournit de très nombreux modèles.
En tant que décorateur, il intervient surtout dans des espaces privés rennais comme la maison de François Chateau, la salle des dépêches des locaux du journal l’Ouest-Éclair ou la salle à manger de l’hôtel du Guesclin (aujourd’hui malheureusement démantelé pour cette dernière)1.
Son approche de la peinture décorative est comparable à celle de Lemordant (directeur de l’école des Beaux-Arts qui décorera, entre autres, le plafond de l’opéra de Rennes) et se distingue par ses sujets issus de la vie populaire bretonne rehaussés de couleurs vives et lumineuses. Peintre traditionnel, prix d’excellence des Beaux-Arts, Louis Garin représente dans ses tableaux la vie quotidienne des Bretons, les régates, les pardons, les fêtes traditionnelles de l’entre-deux-guerres.
Régulièrement, il illustre abondamment des périodiques comme La Bretagne Touristiques dans les années 1920 ou La Vie Rennaise des années 1930, ou divers ouvrages littéraires portant sur sa région. Les historiens de l’art sont loin encore d’avoir établi une inventaire exhaustif, un catalogue raisonné de l’œuvre pléthorique de Garin, probablement l’artiste rennais le plus prolifique.
Ses excursions parisienne sont rares. En 1922, il expose au Salon de la Société nationale des beaux-arts. En 1929, son travail sur l’Ile aux Moines est présenté à la galerie Bernheim. En 1935, il expose à l’Ouest-Éclair à Rennes avec René-Yves Creston et Ernest Guérin.
Il travaille par ailleurs pour la Manufacture de la Grande Maison de la Hubaudière, dite « H.B », à Quimper, notamment en compagnie du sculpteur René Quillivic et des peintres Alphonse Chanteau (1874-1958), Georges Brisson (1902-1980), Georges Renaud (1901-1994), Paul Fouillen (1899-1958) et le Toulousain René Beauclair (1877-1960), ceci pendant la pleine productivité de la marque « Odetta » (Les Ateliers de l’Odet).
Il donne aussi des dessins pour le décor de boites de biscuits. telle celle présentée ici.


Le couvercle représente deux femmes assises dans l’herbe. Devant elles, une fillette tient un jouet et un couple est debout. En arrière plan, des tentes sont dressées. Le bord long de la boîte, montre deux femmes assises à l’arrière d’une charrette conduite par un cocher en costume bigouden et tirée par un cheval au galop. En arrière plan, une grande stèle isolée, dont on ne voit que le pied. On pense immédiatement au Champs-Dolent à Dol de Bretagne. Le cortège se poursuit sur le petit côté de la boîte, d’abord par un homme au dos courbé s’aidant de deux cannes pour marcher, puis puis loin un jeune homme encadrée de deux femmes. En arrière plan, un dolmen idéel, qui renvoi à l’image emblématique de la Table des Marchands à Locmariaquer.
On connait par ailleurs une autre illustration, celle fois ci pour un papier à lettre publicitaire pour le journal quotidien rennais l’Ouest-Eclair, dont il a décoré en 1924 le plafond de la salle des dépêches dans le nouveau bâtiment construit à l’angle des rues du Pré-Botté et Saint- Benoît (actuelle rue Paul-Louis Courier).

En 1935, il participe à la décoration de la salle de jeux de la classe tourisme du paquebot Normandie. À cette même époque, il quitte son emploi de cheminot pour devenir peintre à temps complet après avoir reçu la commande de la décoration de l’église Sainte-Thérèse de Rennes.
En 1937, il collabore au décor du pavillon de la Bretagne de l’Exposition Internationale de Paris.
Son œuvre donne de la Bretagne une vision joyeuse, festive et colorée et contribue à forger une image vivante et touristique, encore profondément imprimé dans nos imaginaire collectifs.
Louis Garin décède le 13 octobre1959 au Val d’Izé.
Cyrille Chaigneau pour Les Vaisseaux de Pierres
Notes, bibliographie et webothèque
- https://www.wiki-rennes.fr/Louis_Garin ↩︎
- Andrieux J.-Y., 2000. L’Ouest-Éclair…, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2000, 117-130.
- Baguelin I., 2021. « Louis Garin et le décor peint de l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Rennes », in : Davy C., Jugan D., Leduc-Gueye C., Jablonski C., Oulhen C, 2021. Peintures monumentales de Bretagne. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2021, p. 300.
- Delouche D., Souet-Monnier G., Théallet Ph., 2000. Louis Garin (1888-1959), artiste de la Bretagne. Éditions Terre de Brume, 2000.
Pour citer cet article : Chaigneau C., 2025. « Le musée imaginaire (18) : Louis Garin (1888-1959), l’illustrateur d’une Bretagne joyeuse, festive et colorée », in : Les Vaisseaux de Pierres. Exploration des imaginaires autour et sur les mégalithes de Carnac et d’ailleurs, mis en ligne le 9 février 2025. https://lesvaisseauxdepierres-carnac.fr/, consulté le : …


