Une jeunesse en exil. Né à Paris en 1773, fils d’un richissime banquier de la cour, Alexandre voit son destin basculer avec la Révolution. Après l’exécution de son père, il s’exile en Autriche, où il intègre l’armée impériale. Cette expérience germanique forge sa culture cosmopolite et son goût pour l’observation européenne.
L’artiste-voyageur et le savant. De retour en France sous le Consulat, protégé par Lucien Bonaparte, il se consacre à sa passion : l’archéologie et les arts. Son œuvre monumentale, le Voyage pittoresque et historique de l’Espagne (1806), témoigne d’une ambition encyclopédique. Pionnier du patrimoine, il contribue à l’inventaire des richesses monumentales françaises, alliant rigueur scientifique et sensibilité esthétique.
Le serviteur de l’état. Laborde mène parallèlement une carrière politique brillante. Sous l’Empire, il est auditeur au Conseil d’État et préfet de la Seine par intérim. Sous La Restauration, député libéral, il défend avec ferveur les libertés publiques. Sous la Monarchie de Juillet, proche de Louis-Philippe, il devient son aide de camp et est promu préfet de la Seine (1830).
Un visionnaire social. Humaniste, il s’engage dans des réformes concrètes : promotion de l’enseignement mutuel, modernisation des prisons et réflexion sur l’urbanisme parisien. Membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, il s’éteint en 1842, laissant l’image d’un « honnête homme » polyvalent, réconciliant l’aristocratie d’Ancien Régime avec les exigences de la modernité.
