L’héritage du paysage. Né à Paris en 1813, Étienne Eugène Cicéri est l’héritier d’une lignée d’artistes prestigieux. Fils du célèbre décorateur de théâtre Pierre-Luc-Charles Cicéri et petit-fils par alliance de Jean-Baptiste Isabey, il baigne dès son enfance dans un milieu où l’image est reine. Cependant, loin des fastes de l’Opéra qui firent la gloire de son père, il choisit de se tourner vers une observation plus intime et directe de la nature.
Un peintre de l’instant et du plein air. Formé par son père, Cicéri s’inscrit dans le courant des peintres paysagistes qui, à la suite de l’école de Barbizon, quittent l’atelier pour peindre « sur le motif ». Ses huiles et ses aquarelles se distinguent par une grande finesse de touche et une attention particulière portée à la lumière. On lui doit de nombreuses vues des bords de Marne, de la forêt de Fontainebleau ou des côtes normandes. S’il ne révolutionne pas le genre, il l’affine avec une élégance et une clarté qui lui valent un succès constant au Salon, où il expose régulièrement dès 1835.
Le maître de la pierre lithographique. C’est toutefois dans la lithographie que Cicéri déploie toute l’étendue de son talent technique. Artiste prolifique, il devient l’un des illustrateurs les plus sollicités de son temps. Il collabore notamment aux célèbres Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France du Baron Taylor, une entreprise monumentale visant à recenser le patrimoine architectural français. Son trait, à la fois précis et atmosphérique, permet de populariser les paysages régionaux auprès d’un large public.
Installé à Marlotte à la fin de sa vie, il y meurt en 1890, laissant derrière lui une œuvre qui témoigne de la transition entre le romantisme finissant et le naturalisme naissant.
