Lexique des auteurs et artistes

PIRINGER Benedict

Vienne (Autriche), 1780 - 29 novembre 1826, Paris

Artiste viennois, dessinateur et graveur à l’ eau-forte et à l’ aquatinte, au style classique, qui a beaucoup travaillé en France.

Benedict Piringer (dont le prénom est parfois orthographié Benedikt) est un artiste d’origine autrichienne qui a fait l’essentiel de sa carrière en France au début du 19e siècle. Il s’inscrit pleinement dans le courant de l’estampe et de la gravure classique de la période néoclassique et romantique.

Piringer était un virtuose de plusieurs techniques de gravure sur métal, qu’il combinait souvent pour obtenir des effets de texture, d’ombre et de lumière très subtils. L’eau-forte pour la précision du trait et du dessin. L’aquatinte qui permet d’imiter le lavis ou l’aquarelle en créant des surfaces teintées et des dégradés de grains, idéale pour les ciels et l’eau. La roulette et le pointillé pour adoucir les modelés. Ses œuvres sont fréquemment rehaussées de couleurs (coloriées à la main ou imprimées en couleurs).

Dans une époque où bourgeoisie et l’aristocratie sont friandes de recueils de voyages illustrés, Piringer se spécialisé dans les vues architecturales, les monuments antiques et les paysages naturels. Il illustre ainsi des paysages pyrénéens en collaboration avec le célèbre dessinateur et voyageur Antoine Ignace Melling. Il collabore avec le sculpteur François-Frédéric Lemot à l’ouvrage « Voyage pittoresque dans le bocage de la Vendée, ou Vues de Clisson et de ses environs » (1817). Il est l’auteur de gravures très cotées représentant des ruines de Rome. Il immortalisera par ailleurs des scènes historiques et urbaines comme L’Entrée de Henri IV à Lyon en 1595 ou des vues de villes françaises (Orléans, Lyon, etc.).

Installé à Paris, capitale artistique de l’Europe de l’époque, Piringer ne se contente pas de graver ses propres dessins. Il travaille d’après les dessins d’autres artistes de renom (comme Melling ou Schütz) et endosse parfois le rôle d’éditeur pour diffuser ses estampes. Preuve de son intégration dans les cercles parisiens, il grave même en 1806 des illustrations pour des romances mises en musique par la reine Hortense (Hortense de Beauharnais).