De la miroiterie au daguerréotype. Benjamin Pierre Marie Pépin débute sa carrière comme miroitier. Après avoir exercé à Limoges, où il épouse Anne Appoline Laurent en 1838 (son beau-frère est le célèbre photographe Jean Laurent), puis à Périgueux, il s’établit à Laval en 1851.
Un pionnier de l’image à Laval. Dès son arrivée rue Napoléon, Pépin diversifie ses activités de doreur en proposant des portraits au daguerréotype, exécutés en seulement cinq secondes. Contrairement à son concurrent local Léon Messager, il délaisse rapidement cette technique primitive pour adopter la photographie sur papier. En 1858, il fait construire rue du Lieutenant une maison dotée d’un atelier vitré dans le jardin, qui restera son centre névralgique pendant quinze ans.
Un paysagiste voyageur. Si le portrait assure son quotidien, l’intérêt majeur de son œuvre réside dans ses prises de vues extérieures. Pépin documente avec finesse les paysages lavallois et retourne régulièrement dans sa Bretagne natale. Il y photographie les sites de Sainte-Anne d’Auray, Dinan ou Vitré, ainsi que les mégalithes, témoignant d’une sensibilité précoce pour le patrimoine.
Une dynastie de photographes. En 1874, Pépin quitte Laval pour le Finistère puis les Côtes-d’Armor (Guingamp), où il continue de signer des vues urbaines. Il meurt à Laval le 26 mars 1881 et repose au Père-Lachaise. Son influence perdure à travers une véritable lignée de praticiens, puisqu’il forme son fils Charles, futur photographe à Brest, ainsi que ses deux gendres, Ernest Delahaye (Laval) et Théodore Hoyau (Cherbourg), embrassèrent également la profession.
