Breton de cœur et d’esprit, né à Pleyben, Octave Penguilly-L’Haridon mène une double vie exemplaire : celle d’un officier d’artillerie de haut rang et celle d’un peintre d’histoire reconnu. Formé à l’École polytechnique, il gravit les échelons militaires jusqu’au grade de colonel, mais c’est sous les dorures des Salons parisiens que son talent s’épanouit véritablement.
Son œuvre se distingue par une précision quasi scientifique, héritée de sa formation technique. Nommé conservateur du Musée d’Artillerie (actuel Musée de l’Armée) en 1854, il y déploie une érudition monumentale. On lui doit notamment le catalogue raisonné des collections, faisant encore référence aujourd’hui.
En tant qu’artiste, il refuse de choisir entre le réalisme et l’imaginaire. Ses toiles oscillent entre la rigueur historique (des reconstitutions minutieuses de batailles et de costumes) et le fantastique breton. Influencé par les légendes de sa terre natale, il peuple ses paysages de landes désolées et de scènes mystérieuses, comme dans son célèbre Petites mouettes (1858), admiré par Baudelaire.
Élevé au rang de Commandeur de la Légion d’honneur, il meurt à Paris en 1870, peu avant la chute de l’Empire. Son style, parfois qualifié de « pré-symboliste », a marqué la transition entre l’académisme rigide et une vision plus atmosphérique du paysage français.
