Né à Paris en 1788, Jean-Baptiste Joseph Jorand est un artiste et érudit aux talents multiples, incarnant la figure de l’artiste-archéologue du 19e siècle. Il se forme dans la capitale auprès de maîtres illustres : Moench, Pillement, Alexandre-Évariste Fragonard et le baron Gros. Ce riche héritage académique lui permet de maîtriser la peinture, le dessin, la lithographie et la gravure sur cuivre.
Il débute au Salon de Paris en 1810. Il y expose régulièrement jusqu’en 1824, puis de manière plus ponctuelle (1827, 1831, 1849), ainsi qu’au Salon de Lille en 1825. Ses œuvres, marquées par un goût prononcé pour le style « troubadour », le clair-obscur et les intérieurs d’églises, révèlent déjà sa fascination pour le patrimoine. Artiste voyageur, il rejoint l’équipe du baron Taylor au début des années 1820 pour illustrer les richesses monumentales de la France (Bretagne, Auvergne, Alsace, Val de Loire) et séjourne en Angleterre vers 1821.
Son œuvre majeure, Monumens celtiques de Carnac et de Locmariaker (1830), témoigne de sa rigueur graphique. Pour lui, l’art doit servir l’histoire ; il rédige d’ailleurs un mémoire sur « la nécessité d’être exact dans la représentation des monuments archéologiques ». Cette expertise lui ouvre les portes de prestigieuses sociétés savantes, notamment la Société nationale des antiquaires de France, dont il est membre résidant de 1822 à sa mort.
Proche de la famille d’Orléans, Louis-Philippe lui confie en 1839 la réalisation des dorures et décors d’écussons de la salle des Croisades au château de Versailles. Jorand s’établit ensuite définitivement à Eu (Seine-Maritime), où il collabore avec l’historien Auguste Trognon. C’est dans cette ville qu’il s’éteint, le 27 avril 1850, laissant derrière lui une abondante production artistique et scientifique.
