Marin, savant, archéologue et écrivain, le chevalier de Fréminville est l’une des figures les plus excentriques et fascinantes du 19e siècle breton. Né à Ivry-sur-Seine, il embrasse la carrière navale dès l’âge de 13 ans. Sous l’Empire et la Restauration, il parcourt les mers du globe, des côtes de l’Islande aux Antilles, participant à de nombreuses campagnes militaires.
Un savant polyglotte et curieux. Fréminville ne se contente pas de naviguer. Esprit encyclopédique, il profite de ses voyages pour étudier la botanique, la zoologie et surtout l’archéologie. On lui doit des travaux précurseurs sur les mégalithes de Bretagne. Ses « Antiquités de la Bretagne » restent une référence pour comprendre l’état des monuments au début du 19e siècle.
La blessure secrète : Caroline. Sa vie bascule en 1827 lors d’une escale aux Saintes. Il y tombe éperdument amoureux d’une jeune femme, Caroline. Suite à une série de malentendus tragiques et à la mort prématurée de celle-ci, Fréminville sombre dans une forme de mélancolie mystique.
Dès lors, il adopte un comportement singulier : il se travestit régulièrement en femme, portant des vêtements féminins sous son uniforme ou lors de réceptions. Ce fétichisme du deuil, loin d’être une simple folie, était pour lui une manière de maintenir vivante l’image de son amour perdu.
Un héritage romantique. Il finit ses jours à Brest, respecté pour sa science mais entouré d’une aura de mystère. La « Chevalière », comme on l’aimait à l’appeler, incarne parfaitement la figure du romantique absolu, où l’érudition rigoureuse côtoie une sensibilité exacerbée, presque fantastique.
