Lexique des auteurs et artistes

FONTENEAU Léonard

Jully (Indre), 1705 - 27 décembre 1778 à Saint-Jean-d'Angely (Charente-Maritime)

L’érudit de la Congrégation de Saint-Maur. Léonard Fonteneau intègre la prestigieuse Congrégation de Saint-Maur en prononçant ses vœux à l’abbaye de Marmoutier en 1724. Il s’inscrit dans la lignée des grands savants mauristes qui, à l’instar de Jean Mabillon, ont révolutionné l’historiographie française par une rigueur méthodologique sans précédent.

Un maître de l’archive. L’essentiel de sa carrière se déroule à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, centre névralgique de l’intelligentsia bénédictine parisienne. Fonteneau s’y distingue non par des ouvrages de synthèse personnels, mais par un travail colossal de collecte et de transcription. Sa mission principale consistait à parcourir les archives des monastères et des églises de France pour copier des chartes, des diplômes et des manuscrits anciens. Ce travail de bénédictin visait à alimenter les grandes entreprises éditoriales de la Congrégation, notamment le Gallia Christiana et l’histoire des provinces.

La « Collection Fonteneau ». Son héritage le plus précieux est sans conteste la Collection Fonteneau, conservée aujourd’hui à la Médiathèque de Poitiers. Composée de 82 volumes in-folio, elle constitue une mine d’or pour l’histoire du Poitou. Elle est constituée de copies de titres originaux aujourd’hui disparus (détruits durant la Révolution ou par l’usure du temps). Les transcriptions de Fonteneau sont réputées pour leur grande fidélité paléographique.

Fin de vie et postérité. Nommé bibliothécaire à Saint-Germain-des-Prés, il finit ses jours au sein de cette communauté, s’éteignant en 1781. Bien que resté dans l’ombre des grands noms de son ordre, son travail de fourmi a sauvé des pans entiers du patrimoine documentaire français. Les historiens contemporains continuent de puiser dans ses recueils pour reconstituer l’histoire médiévale et ecclésiastique de l’Ouest de la France.