La plume au service de la vertu. Née à Saint-Brieuc au sein d’une famille bretonne, chrétienne et légitimiste, Zénaïde-Marie-Anne Fleuriot s’est imposée comme l’une des romancières les plus prolifiques et populaires de la fin du 19e siècle. Issue d’une lignée marquée par la fidélité aux Bourbons, elle conserve toute sa vie un ancrage conservateur qui irrigue son œuvre.
Elle débute sa carrière sous le pseudonyme d’Anna Edianez avant d’adopter son véritable nom. Son talent éclate chez Hachette, notamment dans les célèbres collections « Bibliothèque rose » et « Bibliothèque bleue ». Auteur de plus de 80 romans, elle connaît un succès phénoménal avec des titres comme Aigle et Colombe (couronné par l’Académie française) ou la série des Alberte. Ses récits, destinés principalement aux jeunes filles de la bourgeoisie catholique, exaltent le dévouement, la foi et les valeurs familiales.
Collaboratrice active de revues prestigieuses (Le Journal des Demoiselles, La Mode illustrée), elle dirige également La Semaine des familles de 1874 à 1879. Profondément pieuse, elle envisage la vie monastique en 1867 après plusieurs deuils, mais choisit finalement de poursuivre sa mission par l’écriture et l’action sociale. En 1871, elle fonde à Paris une école professionnelle pour jeunes filles, prouvant que son engagement pour l’éducation dépassait la fiction.
Morte à Paris en 1890, elle laisse derrière elle une œuvre immense qui, bien que marquée par la morale de son temps, témoigne d’une rare finesse d’observation psychologique. Elle repose à Locmariaquer, en cette terre bretonne qui fut sa source d’inspiration constante.
