Né à Mâcon le 18 avril 1819, Antoine Éloi Desmarquest incarne la figure du grand bourgeois de province du 19e siècle, conciliant prospérité commerciale et passion pour les arts. Héritier et acteur du dynamisme économique de sa région, il s’établit comme propriétaire viticole et négociant en vins, une position qui lui assure une aisance matérielle et une influence sociale notables en Saône-et-Loire.
Un mécène et un amateur engagé. Loin de se cantonner à ses activités de négoce, celui que l’on surnomme « Tony » s’investit pleinement dans la vie culturelle locale. Son engagement se manifeste par son adhésion active à la Société des Amis des Arts de Chalon-sur-Saône, institution alors moteur de la diffusion artistique régionale. Membre influent, il y côtoie les cercles de collectionneurs et soutient la création contemporaine de son temps.
L’œuvre picturale : entre nature et terroir. Dessinateur et peintre, Desmarquest pratique un art empreint de sincérité, tourné vers les thèmes classiques de la vie rurale et de la nature morte. Son talent est reconnu au-delà de son cercle privé lorsqu’il participe, en 1879, à l’exposition des Amis des Arts de l’Ain. Il y expose deux œuvres révélatrices de sa sensibilité : Une perdrix (nature morte), témoignant d’une précision technique et d’un goût pour l’observation naturaliste et Un paysage (souvenir de Bourgogne), œuvre plus personnelle traduisant son attachement viscéral à son terroir natal.
Tony Desmarquest demeure ainsi une figure représentative de ces « peintres-gentilshommes » qui, par leur double culture du commerce et du pinceau, ont fait vivre l’art en dehors des salons parisiens.
