Biographies des auteurs et artistes

CORMON Fernand

Paris, 22 décembre 1845 - 20 mars 1924, Paris

Peintre

Né à Paris, Fernand Cormon (pseudonyme de Fernand-Anne Piestre) est un peintre et enseignant français majeur de la fin du 19e siècle, indissociable du courant de l’académisme et de la peinture d’histoire.

Élève d’Alexandre Cabanel et d’Eugène Fromentin, Cormon s’impose rapidement dans le paysage artistique officiel. Il débute au Salon en 1868 et se spécialise d’abord dans les scènes dramatiques inspirées de l’Antiquité ou de l’Orient (Le Meurtre au sérail, 1874).

C’est cependant sa fascination pour la préhistoire naissante qui lui apporte une immense notoriété. En 1880, il triomphe avec Caïn (aujourd’hui au musée d’Orsay), une toile monumentale illustrant un poème de Victor Hugo. Ce chef-d’œuvre de la peinture d’histoire dépeint une humanité primitive, sombre et nomade, marquée par un réalisme anthropologique inédit pour l’époque.

Par-delà ses œuvres (incluant les décors du Muséum national d’histoire naturelle et de l’Hôtel de Ville de Paris), Cormon doit sa postérité à son rôle de pédagogue. En 1882, il ouvre son propre atelier, le cours Cormon, rue de Constance.

Bien qu’académique dans sa méthode, Cormon se montre d’une grande bienveillance et d’une surprenante tolérance esthétique. Son atelier devient le refuge de la jeune avant-garde européenne. Il y forme et encourage des génies qui allaient révolutionner l’art moderne : Henri de Toulouse-Lautrec, Vincent van Gogh, Émile Bernard, ou encore Francis Picabia.

Élu à l’Institut en 1898 et nommé professeur aux Beaux-Arts, Fernand Cormon meurt tragiquement en 1924, renversé par un taxi devant son domicile parisien, laissant derrière lui le portrait d’un passeur d’art exceptionnel.