L’aristocrate aux multiples facettes. Né à Paris en 1692, Anne Claude Philippe de Tubières-Grimoard de Pestels de Lévis, comte de Caylus, mène d’abord une carrière militaire distinguée durant la guerre de Succession d’Espagne. Cependant, sa véritable passion réside ailleurs : dans l’étude passionnée de l’Antiquité et des arts.
Le père de l’archéologie moderne. Véritable pionnier, Caylus rompt avec l’approche purement littéraire des humanistes de son temps. Il est l’un des premiers à considérer l’objet archéologique comme un document historique à part entière. Son œuvre monumentale, le Recueil d’antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines (7 volumes, 1752-1767), jette les bases de la méthode comparative et influence durablement le passage du goût rocaille au néoclassicisme.
Un homme d’influence et de science. Membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture et de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, il exerce un magistère intellectuel considérable. Protecteur des arts, il soutient des artistes comme Watteau et Bouchardon. Chercheur, il redécouvre la technique de la peinture à l’encaustique (à la cire) utilisée par les romains. Esprit caustique, il fut connu pour son caractère difficile et son mépris des conventions mondaines. Il fréquentait aussi bien les salons que les milieux populaires, consignant ses observations dans des contes et des « facéties ».
Il s’éteint à Paris en 1765, laissant derrière lui une collection immense et une vision scientifique de l’art qui préfigure nos musées modernes.
