Un pinceau entre Académie et Terroir. Né Antoine-Jérôme Cartillier à Mâcon le 13 avril 1813, il entre à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1831. Formé par les maîtres Lethière et Ingres, il expose régulièrement au Salon de 1835 à 1880, s’affirmant comme un artiste polyvalent, capable de naviguer entre le portrait, la scène de genre et la peinture d’histoire.
Une carrière officielle et académique. Sa maîtrise technique lui vaut la reconnaissance de l’État, qui lui confie des commandes prestigieuses : copies de portraits royaux (Louis-Philippe par Winterhalter) ou effigies de grandes figures comme le contre-amiral Dumont d’Urville (1846). Son œuvre religieuse est tout aussi remarquable. Sa Pêche miraculeuse (1855), offerte par Napoléon III à la cathédrale de Saint-Flour, est saluée par le jeune critique Jules Verne, qui loue son « imagination sérieusement entendue » et sa « science profonde » du dessin.
Entre engagement et scènes de genre. Malgré une carrière institutionnelle, l’homme est marqué par les remous de son siècle. À 35 ans, il s’engage dans la Révolution de 1848, participant à l’insurrection de juin avant d’être libéré. Son œuvre plus intime révèle un goût pour le quotidien : Jeune femme caressant son chien, La cueillette des cerises ou des épisodes mythologiques (Daphnis et Chloé).
L’attachement au Mâconnais. Bien qu’établi à Paris, Cartellier reste profondément lié à ses racines. Ses paysages (Vue de Bas-Taizé) et ses scènes locales (Intérieur d’un pressoir mâconnais) témoignent de ses séjours fréquents en Saône-et-Loire. C’est à Sennecey-le-Grand qu’il s’éteint le 8 octobre 1892, laissant derrière lui l’image d’un peintre solide, dont le talent a su répondre aux exigences de la bourgeoisie et de l’Église du 19e siècle.
