Né en 1849, Jean Jacques Baptiste Brunet commence son apprentissage artistique à l’École des Beaux-Arts de Poitiers. Révélant de solides dispositions, il obtient en 1872 une bourse de sa ville d’adoption qui lui ouvre les portes de Paris. Il intègre l’École des beaux-arts de Paris où il devient l’élève de deux maîtres de l’académisme : Jean-Léon Gérôme et Gustave Boulanger. Sous leur direction, il acquiert une rigueur technique et un sens aigu de la composition.
Établi à Levallois-Perret, Brunet devient une figure régulière du Salon des artistes français, où il expose de 1876 à 1914 des toiles aux thématiques variées : scènes de la vie paysanne, compositions religieuses, portraits et sujets d’inspiration romantique ou historique. Son œuvre, initialement tournée vers la mythologie et la religion (Caron passant les ombres, 1879 ; Les Gibets de Golgotha, 1883), évolue vers une peinture d’histoire et des scènes de genre empreintes d’un réalisme « vécue » (La Prière des veuves, 1895). Reconnu par ses pairs, il cumule les honneurs : une mention honorable en 1879, une troisième médaille et le prestigieux prix Marie Bashkirtseff en 1888, avant de décrocher la médaille d’argent à l’Exposition Universelle de 1900. Illustrateur à ses heures pour le Figaro Illustré, il représente la France à l’Exposition de Bruxelles en 1910.
Parallèlement à sa carrière de professeur de dessin pour la Ville de Paris, Brunet reste profondément attaché à Poitiers. Il lui offre son chef-d’œuvre monumental : le plafond de la Salle des fêtes de l’Hôtel de Ville, représentant Le Triomphe de Duguesclin. Il s’éteint à Poitiers le 23 février 1917, laissant l’image d’un peintre voyageant avec brio entre l’allégorie et l’anecdote réaliste. Aujourd’hui, ses œuvres — reflets précieux du patrimoine rural et bourgeois de la fin du 19e siècle — sont conservées dans plusieurs collections publiques et musées de la région, notamment au musée Sainte-Croix de Poitiers.
