Figure emblématique de la culture bretonne, célèbre pour avoir été l’un des plus grands chansonniers populaires de la Belle Époque, Théodore Botrel est né à Dinan dans une famille modeste. Il monte très tôt à Paris, où il exerce divers métiers avant de se consacrer pleinement à sa passion pour la scène et la poésie.
Son œuvre est indissociable de son amour pour sa Bretagne natale, qu’il a largement contribué à idéaliser à travers ses « chansons bretonnes ». Son titre le plus célèbre, « La Paimpolaise » (1895), devient un succès national immense, faisant de lui une star de son temps. Accompagné de sa guitare, il parcourt la France et l’étranger, vêtu du costume traditionnel, pour faire vibrer le cœur des spectateurs avec des airs empreints de nostalgie, de mer et de piété.
Au-delà de la scène, Botrel est un fervent défenseur des traditions et de l’identité bretonne, bien que son répertoire soit principalement en français, ce qui lui vaudra parfois des critiques de la part des militants linguistiques. Durant la Première Guerre mondiale, il s’illustre comme « chansonnier des armées », se rendant au front pour remonter le moral des troupes par ses récits patriotiques.
Auteur prolifique, il a laissé derrière lui une œuvre immense, comptant des centaines de chansons et plusieurs recueils poétiques. Il s’éteint en 1925 à Pont-Aven, ville où il s’était retiré et où il repose aujourd’hui. Théodore Botrel demeure, encore de nos jours, un personnage charnière, celui par qui le « mythe breton » a trouvé une résonance nationale durable, mêlant avec une habileté certaine le folklore populaire à la sensibilité romantique du début du 20e siècle.
