Ecclésiastique, érudit et musicologue français, considéré comme le pionnier de la collecte de la musique traditionnelle bretonne.
Né en 1760 à l’Île d’Arz (Morbihan), il est ordonné prêtre en 1784. Durant la Révolution française, son refus de prêter serment à la Constitution civile du clergé le contraint à l’exil en Espagne. De retour en Bretagne après le Concordat de 1801, il est nommé chanoine de la cathédrale de Vannes.
Esprit curieux et méthodique, représentatif des savants de son époque, Mahé se passionne d’abord pour l’archéologie et l’histoire locale. En 1825, il publie l’Essai sur les antiquités du département du Morbihan, un ouvrage novateur dans lequel il tente d’interpréter scientifiquement les monuments mégalithiques de la région, notamment les alignements de Carnac. Il devient le premier président de la Société polymathique du Morbihan en 1826.
C’est cependant son travail musical qui lui assure une postérité majeure. Doté d’une solide formation de compositeur et d’organiste, il arpente le pays de Vannes pour recueillir les airs populaires. En 1825, il intègre à son Essai une quarantaine de mélodies, mais son chef-d’œuvre reste son recueil manuscrit de 40 Airs nationaux de la Basse-Bretagne. Pour la première fois, des chants traditionnels bretons, profanes et sacrés, sont transcrits rigoureusement sur partition.
Par cette démarche inédite de sauvegarde patrimoniale, Joseph Mahé devance de plusieurs décennies le grand mouvement de collecte du 19e siècle (porté plus tard par La Villemarqué). Il lègue une œuvre fondatrice pour la culture bretonne.
