Né en 1803, Pierre-Eugène Guieysse est le fils d’un capitaine de frégate cévenol et d’une mère bretonne. Après des études au lycée de Pontivy aux côtés d’Émile Souvestre, il embrasse une brillante carrière dans l’administration navale. Étape par étape, il gravit les échelons jusqu’à devenir Commissaire général de la Marine, terminant sa carrière à Brest où il est longuement en poste.
Parallèlement à ses obligations militaires, Guieysse s’engage brièvement dans le mouvement saint-simonien à Brest en 1831, avant de s’en détacher. En 1834, il épouse Suzanne Herminie Vaneau, sœur d’un martyr des Trois Glorieuses, avec qui il aura trois enfants. Sa vie est marquée par une profonde fidélité amicale : les liens noués avec Souvestre se prolongent sur plusieurs générations à Paris et Versailles, unissant solidement leurs enfants. C’est par la génération suivante, via une alliance, que sa famille se liera également à celle d’Ange Guépin.
Homme d’esprit et de culture, Pierre-Eugène Guieysse est passionné d’archéologie et d’art. Lui-même dessinateur et peintre talentueux, il s’intègre dans un réseau intellectuel et artistique remarquable. Proche des peintres de la Marine Dauzats et Mayer, ou d’Octave Penguilly l’Haridon, il fréquente assidûment les poètes. Son ami Auguste Brizeux lui dédie d’ailleurs le poème Le Paysagiste, après que Guieysse a illustré de vignettes son célèbre recueil Marie. Il s’éteint en 1870, laissant derrière lui la mémoire d’un grand serviteur de l’État au cœur d’une lignée humaniste et brillante.
