Jules Gailhabaud est un homme de lettres, historien de l’art et archéologue français, dont l’œuvre a profondément marqué l’étude monumentale au 19e siècle. Issu d’un milieu s’intéressant au commerce, il choisit de se consacrer entièrement à l’érudition et à l’histoire des formes.
Son apport majeur réside dans sa volonté d’offrir une vision encyclopédique et comparée de l’architecture mondiale. Son ouvrage le plus célèbre, Monuments anciens et modernes (publié en quatre volumes de 1840 à 1850), s’impose comme une référence incontournable. Il y rassemble des notices historiques rigoureuses qu’il accompagne de gravures d’une grande précision, permettant de comparer les styles à travers les âges et les civilisations, du Moyen Âge à la Renaissance.
Gailhabaud ne se contente pas d’écrire ; il est aussi un éditeur et un passeur de sciences. Il fonde la Bibliothèque archéologique et publie L’Architecture du Ve au XVIIe siècle, contribuant activement à la redécouverte et à la sauvegarde du patrimoine médiéval français, en pleine période de ferveur pour le style gothique.
Esprit méthodique, il a su lier la rigueur de l’archéologie à une approche esthétique accessible, influençant les architectes de son temps (comme l’entourage de Viollet-le-Duc) engagés dans la restauration des monuments nationaux. Il s’éteint en 1888, laissant derrière lui une œuvre critique fondamentale pour l’histoire de l’art.
