Léon-Germain Pelouse incarne la réussite d’un artiste autodidacte devenu l’un des paysagistes les plus influents de la fin du 19e siècle. Né à Pierrelaye, il ne se consacre pleinement à la peinture qu’en 1865, après avoir été commis voyageur. Ce départ tardif ne freine en rien son ascension.
Héritier spirituel de l’École de Barbizon, Pelouse s’inscrit dans une dynamique romantique et naturaliste. Si ses débuts sont marqués par une critique hostile, sa virtuosité technique finit par imposer le respect. Il excelle dans le rendu des textures — terres humides, feuillages denses et ciels changeants — avec une précision qui frôle parfois le réalisme photographique sans perdre de son lyrisme.
Véritable chef de file, il fonde l’École de Cernay, réunissant autour de lui des artistes séduits par les paysages de la vallée de Chevreuse. Cependant, son œuvre est aussi indissociable de la Bretagne. Grand voyageur, il séjourne longuement à Pont-Aven (bien avant Gauguin) et à Rochefort-en-Terre, dont il contribue à faire découvrir la beauté pittoresque. Ses toiles, imprégnées de la lumière armoricaine, sont aujourd’hui conservées au musée d’Orsay mais aussi au musée des Beaux-arts de Vannes.
Médaillé à plusieurs reprises au Salon et décoré de la Légion d’honneur, Pelouse s’éteint en 1891 laissant derrière lui une œuvre célébrant la poésie des terroirs avec une maîtrise magistrale de la composition.
