Art vivant (1) : Rozenn Joyeux

Petite biographie en forme de chemin…
Rozenn Joyeux n’est pas archéologue, ni géologue, ni ethnographe, mais en tant que peintre elle apporte sa pierre à l’édifice avec sa vision poétique, offrant aux architectures monumentales préhistoriques de Bretagne « une iconographie, la plus complète possible, les réinstallant dans notre époque et dans notre environnement d’aujourd’hui ».
Née d’une famille d’artistes : père, prix de Rome de sculpture issu de quatre générations de sculpteurs, restaurateurs et antiquaires ; mère, peintre portraitiste et professeure de beaux arts, issue elle aussi de plusieurs générations d’architectes et d’archéologues. Enfant, elle rencontre les nombreux artistes gravitant autour de ses parents, fréquente leurs ateliers. Elle indique : « Cela influencera ma carrière d’artiste, en exploration permanente des sujets forts et harmonieux qui constituent l’âme bretonne ».

D’abord encadreur, puis restauratrice de tableaux et de sculptures polychromes, elle se lance bientôt vers l’art pictural. Quelques expositions parisiennes n’ayant trouvées aucun écho, elle décide de présenter son travail en Bretagne. Après quinze ans d’exposition dans son atelier à Plougrescant (Côtes-d’Armor), elle s’installe dans le Pays de Redon. C’est la découverte de la vaste nécropole préhistorique des Landes de Cojoux à Saint-Just (Ille-et-Vilaine) qui fonde sa passion pour les mégalithes. Suivent de nombreuses expositions à La Gacilly, Carnac, Erdeven, Plouharnel, Quiberon, La Trinité-sur-Mer, Le Faouet, etc.
Désormais son atelier est ouvert au public sur rendez vous aux Rivières, à Guénouvry en Guémené-Penfao (Loire-Atlantique).



Encres ou croquis préparatoires, tous sont réalisés in situ. Rozenn indique : « Lorsque je suis au pied de ces monuments, occupée à dessiner, je ressens une force discrète et silencieuse mais bien présente, j’ai même le sentiment que cette force m’aide dans mon travail et m’offre une profonde concentration… »


La couleur, passionnément…

Toutes les couleurs sont dans la nature ! En peignant les pierres, Rozenn découvre les innombrables nuances qu’offrent leurs surfaces : grès, granites, schistes bleus, violets, rouges… jusqu’aux quartz blancs et lumineux. Quand elle commence la peinture, l’utilisation de pigments naturels s’impose à elle.

C’est un ami, peintre d’icônes, qui la guide dans l’ancestrale technique de la tempéra (ou détrempe) qui utilise les pigments végétaux, minéraux et animaux, mélangés à un liant et fixant (le jaune d’œuf) et dilués à l’eau. Ces peintures sur panneaux de bois, protégées après 3 mois de séchage, à la cire d’abeille, offre une matière, une luminosité et une douceur que n’ont pas les peintures à l’huile ou à l’acrylique. Ayant pratiqué la dorure, elle utilise parfois des feuilles d’argent, d’or jaune ou d’or blanc selon son inspiration, comme ici pour l’intérieur de la tombe à couloir de Mane er Groez (Kercado) à Carnac, intitulé « Passage vers la lumière »


Carnac
Haut lieu grandiose, merveilleux, étrange, poétique qui interroge, lieu de tous les superlatifs…
Rozenn écrit : « Les échanges avec mes amis archéologues nourrissent et entretiennent une passion commune, «décrypteurs» que nous sommes, tous crayon à la main, animés par la nécessité de comprendre et de transmettre cet héritage, afin de lui donner respect et longue vie encore.
La précision est en effet un élément important, et lorsqu’ils passent à l’atelier ils reconnaissent immédiatement les monuments. Je m’attache à les dessiner tout d’abord sur place, et à les peindre ensuite à l’atelier, avec le plus exact positionnement des pierres et ambiance du site.
Bien sur c’est une vision toute poétique et picturale qui n’a rien à voir avec la stricte matérialité, la science… mais nous sommes tous devant ces pierres pleines de grâce, de force et de douceur, d’humanisme, qui nous offrent ces notions essentielles d’intemporel et de mystère. »


à droite : Etang de Kerloquet (2007) ; tempéra sur bois (50 x 70 cm)
Gavrinis



au centre : Gavrinis (2008) ; gravure sur cuivre, numérotée et signée / 25 exemplaires (10 x 15 cm)
à droite : Variation de la pierre n° 26 (2018) ; linogravure
Cyrille Chaigneau pour Les Vaisseaux de Pierres
Contact
Rozenn Joyeux
Adresse atelier : 34 « Les Rivières » 44290 Guénouvry en Guémené Penfao (Loire-Atlantique)
www.lespierres-inspirees.bzh
06 68 00 80 91
mail : lespierres.inspirees@gmail.com
Pinacothèque



au centre : Stèle au Serpent, tertre du Manio 2, champ de menhir de la colline d’Er Manières (2008) ; tempéra sur bois
à droite : Dolmen de Mané Groh, Erdeven (2008) ; tempéra sur bois (40 x 40 cm)



au centre : Les géants de Kerzerho, dans les épines noires en fleur, Erdeven (2007) ; tempéra sur bois (30 x 30 cm)
à droite : Cairn du petit Mont par temps de crachin (2020) ; Arzon ; pastel sec (49 x 36 cm)


à droite : Dans les alignements de Kermario (2020) ; pastel gras (20 x 49 cm)




au centre gauche : Gavrinis (2008) ; gravure sur cuivre, numérotée et signée / 25 exemplaires (15 x 15 cm)
au centre droit : Gavrinis (2008) ; gravure sur cuivre, numérotée et signée / 25 exemplaires (10 x 15 cm)
à droite : Variation de la pierre n° 26 (2018) ; linogravure


à droite : L’hypnotique dalle de grès jaune », intérieur de la table des Marchand (2007) ; tempéra sur bois (50 x 70 cm)


à droite : Sans titre ; encres (22 x 10 cm) sur papier torchon (2010)
Pour citer cet article : Chaigneau C., 2026. « Art vivant (1) Rozenn Joyeux », in : Les Vaisseaux de Pierres. Exploration des imaginaires autour et sur les mégalithes de Carnac et d’ailleurs, mis en ligne le 3 novembre 2026.- https://lesvaisseauxdepierres-carnac.fr/, consulté le : …