Le coin du photographe (10) : Underwood et Underwood (1907), une photo iconique de Carnac par un éditeur international de stéréoscopie familiales et scolaires
Nous ne connaissons qu’un seul cliché de monuments mégalithiques pris par la société américaine Underwood & Underwood : celui des Alignements de Carnac, pris en 1907, en format stéréo. S’il n’est pas particulièrement ancien, il est en revanche techniquement réussi, avec de nombreux plans qui installent une forte impression de relief. En format mono, donc sans recours au relief, il conserve toute sa force esthétique. Ce cliché a connu une diffusion internationale, en format stéréo dans le cadre familial et scolaire aux États-Unis, et en format mono dans la presse magazine britannique et allemande.

1. La société
La société Underwood & Underwood est créée en 1881 à Ottawa (Kansas) par les frères Underwood : Elmer (1859-1947) et Bert (1862-1943). Ils lancent l’entreprise en vendant en porte-à-porte les vues stéréoscopiques (également appelées stéréogrammes ou cartes stéréoscopiques) de trois éditeurs différents.
Bert apprend à se servir d’un appareil photo en 1891. La société construit alors une usine à Ottawa et produit appareils photos stéréoscopiques, stéréoscopes et ses propres cartes stéréoscopiques.
L’entreprise devient florissante. En 1901, elle produit plus de 25 000 cartes stéréo par jour et fabrique 300 000 stéréoscopes par an. Vers cette époque, plutôt que de vendre des photos à l’unité, elle commercialise des « travel set », c’est-à-dire des boîtiers de plusieurs dizaines de stéréogrammes, présentant des destinations étrangères.


Ils commencent à proposer leurs photos à des magazines vers 1900 et, dès 1910, l’illustration de presse devient leur activité prioritaire. En 1920, ils arrêtent la stéréographie et vendent une grande partie de leurs négatifs stéréo, ainsi que leurs droits, à la Keystone View Company qui commercialisera des stéréo familiales et scolaires jusqu’en 19631.
2. Editions Underwood & Underwood : la série « France/100 » (vers 1908)
Underwood crée des séries touristiques de 100 cartes stéréoscopiques par pays. Les cartes sont livrées dans deux boites imitant des volumes de bibliothèque, le tout accompagné d’un livre relié décrivant les sites. On trouve ainsi une série pour la France, mais encore pour l’Italie, la Palestine, l’Inde ou la Chine. Les 100 clichés de la série « France » ont été pris en plusieurs campagnes sur une durée de pratiquement 10 ans. On trouve des copyrights de 1898 (Nice, Villefranche), 1900 (Paris, etc.), 1901 (Fontainebleau), 1902 et 1907 (Normandie, Bretagne, Pyrénées, Champagne, etc.).

A l’arrière de chaque carte stéréo le titre, présenté en 6 langues (anglais, français, allemand, espagnol, suédois et russe), est suivi d’un commentaire complet en anglais. La manière dont est rédigée ce texte est un bon indicateur du parti pris éditorial3.
Avec 12 vues, la Bretagne est bien représentée dans cette série : Nantes, Le Croisic (x 2), Auray, Carnac, Crac’h, la Pointe du Raz, Carhaix, Clohars-Carnoët, Josselin, Guémené-sur-Scorff et Cancale. Les copyrights sont tous de 1907, et ceux des textes à l’arrière sont de 1908.
La caractéristique des clichés Underwood & Underwood est de présenter des scènes richement animées d’activités humaines. Les figurants sont souvent placés par le photographe de manière à donner de la profondeur à la photo et maximiser l’effet de relief lorsqu’elle est visionnée au stéréographe. Souvent, on trouve un personnage en premier plan et, derrière, des personnages, animaux ou bâtiments répartis sur les plans suivants. La vue est prise en légère plongée, à partir d’un point haut, probablement un escabeau.
Si le photographe présente un métier, il s’emploie à regrouper pédagogiquement les étapes de la chaîne opératoire sur la même photo. Par exemple, pour le village de sabotier, sont présentés dans l’ordre : la coupe de la bûche, la mise en forme de l’intérieur puis de l’extérieur du sabot. Sur un autre cliché on suit le circuit d’une scène de battage : d’abord la meule, deux machines différentes pour casser la paille puis le manège des chevaux sur l’aire de battage.
La vue concernant les Alignements de Carnac, « Famous lines of Carnac », suit ces mêmes principes : au premier plan, une paysanne seule, derrière un groupe mélangeant adultes et enfants et, encore derrière, un troupeau de vaches pie-noir. En arrière-plan, les lignes de stèles qui se perdent à l’horizon se prêtent parfaitement à l’effet stéréoscopique. Elle porte le n° 78 de la série, et le n° 9603 dans la collection complète.
Ce double cliché connaît un joli succès. Paru en 1908 en mono, il est recadré en format portrait dans le magazine britannique « The Sphere » et dans le magazine allemand « Das Buch fur Alle ».


Texte anglais au verso (traduit) : « 9603 Nous sommes près du rivage de l’Atlantique balayé par le vent, sur la côte ouest de la Bretagne, à mi-chemin entre Nantes et Brest. Ces longues lignes de pierres grossièrement taillées ont été étudiées pendant des siècles par les historiens et les archéologues, mais toutes les explications sur leur but et leur signification ne sont encore que des suppositions et des conjectures sur la vérité. Les hommes qui ont taillé les pierres, les ont transportées et les ont installées ici étaient sans aucun doute du même sang et de la même foi religieuse que les hommes qui ont érigé des points de repère tout aussi mystérieux à Stonehenge, près de Salisbury, en Angleterre, et dans diverses régions d’Irlande. Ils ont vécu et sont morts avant le début de l’histoire européenne, et il ne reste que des traditions floues sur certains des rites religieux qu’ils pratiquaient. On sait que les druides offraient des sacrifices humains. Les femmes remplissaient parfois des fonctions sacerdotales. Ils organisaient des cérémonies élaborées et étaient très pieux. La tradition veut qu’une fois par an, un grand rassemblement religieux ait lieu à Carnac, réunissant des fidèles de toutes les régions de Bretagne, mais aussi de Grande-Bretagne et d’Irlande, des Hébrides et des Orcades. Il reste aujourd’hui environ 900 de ces pierres en place. Il y en avait autrefois beaucoup plus, mais il y a plusieurs siècles, certains monuments ont été emportés et transformés en pierres de construction ! Les paysans qui vivent aujourd’hui dans cette partie du pays se distinguent, même en Bretagne, par leur superstition obstinée. Ils sont nominalement de fervents catholiques, mais chérissent en réalité un grand nombre de notions païennes. ». Tiré de Notes of Travel No. 43, copyright 1908 by Underwood & Underwood. »4
Titre anglais (traduit) et français au verso : « 9603 Longues allées de monuments en pierre érigés par les hommes préhistoriques à Carnac, France. / Pierres druidiques des temps préhistoriques à Carnac, France »5
3. Éditions Keystone View Company : les séries « France/100 » et « Tour of the World/1200 »
Keystone achète le catalogue Underwood en 1920. Bien que la société ait effectué une campagne photographique en Bretagne avec ses propres photographes, ils réutiliseront très majoritairement les négatifs Underwood, preuve de la qualité pédagogique de ceux-ci. Sur les 22 stéréos édités par keystone que nous connaissons, 14 sont tirés des négatifs Underwood & UnderwoodSur les 19 stéréos consacrées à la Bretagne que nous connaissons, 14 sont tirés des négatifs Underwood & Underwood6. Cinq sont des clichés originaux de Keystone. . Huit sont des clichés originaux de Keystone7.
En 1920, Keystone vend ses cartes stéréo en collections, parmi lesquelles les collections 100/P200/300/400/T400/600/T600 dont le chiffre indique le nombre de vues. Les séries de 100 vues sont centrées sur un pays, comme la série FR100 pour la France ou IT100 pour l’Italie. La collection « Primary Set P200 » cible les « Primary schools »., la collection « Visual Education » 400 et 600 est destinée aux écoles secondaires. Elles sont toutes les deux
accompagnées d’un « teacher’s guide »8. Les collections « Tour of the world » T400 et T600 concentrent les vues les plus intéressantes de chaque pays. Vers 1935 Keystone lance la monumentale collection de 1200 vues « Tour of the world » qui pèse plus de 30 kg.
Le numéro de négatif est indiqué sur les cartes stéréo Keystone. Ceux provenant d’Underwood & Underwood sont précédés d’un « V », ceux provenant de H.-C. White, un autre éditeur racheté par Keystone en 1915, sont précédés d’un « W ».
Un cliché peut être présent dans plusieurs collections, par exemple la photo qui nous intéresse : « Famous lines of Carnac », est présente dans la série « France / 100 » (n° 83) et dans la série « Tour of the World / 1200 » (n° 433). Les photos de Bretagne les plus courantes sont, celle de Carhaix (qui présente une scène de moisson), présente dans les collections FR100/200/400/T400/ T600, et celle de Clohars-Carnoët (la fabrication de sabots) présente
dans les collections FR100/400/T400/T600..
Keystone vend principalement aux États-Unis, c’est pourquoi les titres ne sont plus qu’en Anglais. Le commentaire à l’arrière est différent de la série Underwood. Le rédacteur souligne l’aspect archaïque de certaines activités en Bretagne, en contraste avec la modernité qui règne déjà en Amérique.

Texte anglais (traduit) au dos : « Depuis des temps immémoriaux, ces monolithes de granit, couverts de lichen blanc, taillés dans la roche vivante par des hommes sauvages et poilus, érigés avec une patience et un travail infini, se dressent dans cette vaste plaine de l’ouest de la France. Carnac est un petit village de paysans simples, robustes et rudes, habitués à une existence laborieuse. Il se trouve dans le département du Morbihan, à environ neuf miles d’Auray, une ville d’un intérêt touristique considérable. Les pierres qui se trouvent devant nous font partie de plusieurs « systèmes » de pierres similaires près de ce petit village, qui, sans elles, seraient inconnues du monde entier. Ces systèmes forment la plus intéressante et la plus vaste collection de menhirs (pierres préhistoriques dressées) que l’on puisse trouver dans le monde. Ils sont très nombreux. Le système du Menec compte 874 menhirs, répartis sur onze lignes, et s’étend sur près de 3500 pieds ; « the burning place » a treize lignes9 et d’autres pierres sont disposées en un grand cercle. The « place of Dead » près de 900 pierres, dont certaines ont 18 pieds de haut10. Des milliers de pierres ont disparues, utilisées pour la construction de routes, enterrées ou emportées. La raison pour laquelle ces pierres ont été amenées à cet endroit et installées reste obscure, mais il ne fait guère de doute qu’elles avaient leur place dans les rites religieux pratiqués par les habitants de ces temps préhistoriques. Cette partie du pays faisait autrefois partie de l’ancienne Bretagne. Les habitants, éloignés des routes, relativement épargnés par le progrès moderne, peu éduqués, conservent dans une large mesure les habitudes de pensée et d’action, les superstitions et les préjugés du passé / Copyright by The Keystone View Company. »11
Parmi les cinq clichés Keystone consacrés à la Bretagne, on trouve un cliché, malheureusement non situé qui présente le « cortège d’une fête bretonne » vers 1920 intitulé « The procession of a Breton festival. En l’occurrence, il s’agit du Gorsedd Digor ou Assemblée ouverte, l’assemblée de la Gorsedd de Bretagne (de son nom complet Breudeuriezh Drouized, Barzhed hag Ovizion Breizh ; en français : Fraternité des druides, bardes et ovates de Bretagne) qui se tenait chaque année (et se tient encore) le 3ème dimanche de Juillet (on distingue en arrière plan plusieurs druides contemporains qu’il faudrait pouvoir identifier). Cette identification a été rendue possible par la présence au deuxième plan de la grande bannière offerte en 1907 par les femmes du Pays de Galles à la Gorsedd de Bretagne, bannière qui ouvre depuis le défilé. Dans la collection Keystone « Tour of the World / 1200 » , elle porte le n° 432, juste avant les alignements de Carnac au n° 433. Cet ordre souligne le parti-pris éditorial des auteurs.

Texte anglais (traduit) au dos : « Les broderies aux couleurs vives, le noir sombre des robes des vieilles femmes, les bonnets blancs étincelants se découpent sur le ciel bleu et clair. C’est un rare jour de soleil et les costumes traditionnels de Bretagne apparaissent aujourd’hui, car c’est un jour de cérémonie. Les moteurs et les touristes ont tellement changé cette terre que le pittoresque costume breton n’est plus universellement porté, mais les fêtes bretonnes demeurent, inchangées depuis des centaines d’années, mi-païennes, mi-chrétiennes, druidiques et celtiques, derniers vestiges des fêtes antiques et préhistoriques. Aujourd’hui, il y aura des danses, des chants et des jeux bretons simples. La musique sera assurée par la cornemuse et la flûte. Il y aura des rires et des amours. Il y aura de la nourriture et du cidre. Mais surtout, il y aura le cortège, avec ses hommes et ses femmes gaiement costumés, et ses bannières éclatantes, brandies sur des étendards décorés. C’est pour cela que Jeanne sort sa plus belle robe, faite du tissu le plus fin, richement brodée et parée de guirlandes d’or. Elle a un tablier magnifiquement garni de dentelle véritable, une large ceinture de ruban de velours et un beau bonnet de dentelle. Ces bonnets sont des biens précieux et sont de formes différentes selon les régions de Bretagne. Lors d’une grande fête, on peut voir jusqu’à une douzaine ou une quinzaine de formes, et un Breton peut dire immédiatement de quelle ville ou de quel quartier vient une femme dès qu’il l’aperçoit. Pour accompagner Jeanne, qui porte le gui sacré, vient Baptiste, lui aussi en splendide costume de fête. Son chapeau, à larges bords, est orné de longs rubans de velours. Les Bretons des deux sexes manient l’aiguille avec dextérité et Baptiste a brodé sa propre veste. / Copyright by The Keystone View Company. »12
4. Personnages
On aimerait avoir une photo du photographe de la série Underwood, mais nous n’en n’avons pas trouvé. En revanche, un des photographes de Keystone est présent sur deux photos de Josselin. Sur le cliché n° 435, il tient un stéréoscope à la main, avec une carte insérée. Une manière simple d’expliquer à la population ce qu’il fait, pour obtenir leur aide comme figurant. Sur sa gauche on observe son appareil photo à double objectif. Les camions à gauche à l’arrière-plan peuvent indiquer une date de prise de vue vers 1920.

Texte anglais (traduit) au dos : « C’est la scène au bord de l’eau – cette petite femme française souriante qui lave son linge dans la rivière – qui a incité le photographe du Keystone Travel Club à descendre les marches pour un peu de bavardage amical. Son assistant a utilisé un appareil photo à deux objectifs pour nous offrir cette vue qui raconte comment notre photographe, avec son vocabulaire français limité, a pu expliquer à cette sympathique petite femme ce qu’il faisait et comment son appareil photo à deux objectifs enregistrait des images dans toutes les parties du monde, de sorte que partout où il y avait des stéréoscopes, une partie du monde pouvait en savoir beaucoup plus sur l’autre partie que cela n’avait été possible auparavant. Il est très probable que le stéréoscope ait rendu réel pour cette femme une scène ou un lieu de notre pays, ou peut-être même de son propre pays, où elle n’était jamais allée. C’est le contact constant avec ces bribes de la vie actuelle dans les communautés isolées de France qui rend un voyage dans ce pays si satisfaisant. La France est singulièrement riche en lieux superbes comme ce château de Josselin et sa rivière l’Oust. Le long de ses rivières, on peut voir des châteaux, les uns après les autres, tous différents les uns des autres et chacun avec son charme particulier. La Bretagne, où se trouve le château de Josselin, diffère à bien des égards de toutes les autres provinces de France. Certains de ses habitants portent encore le costume de leurs ancêtres et conservent de nombreuses manières, coutumes et superstitions. Cette petite ville de 3 000 habitants, située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Nantes, est typique des nombreuses villes de cette province. / Copyright by The Keystone View Company. »13
5. Distribution
Les cartes stéréo Underwood & Underwood sont vendues en porte à porte par des agents qui se forment avec le « Démarcher avec Succès, manuel d’instruction devant être étudié et suivi par nos agents ». La 8éme édition sortie en 1902 fait 52 pages14. Le manuel explique comment organiser son démarchage. Il conseille de prendre une chambre bon marché dans une pension plutôt qu’un hôtel pour limiter les frais, et indique qu’il faut compter un mois pour travailler un territoire de 3 000 habitants. Le démarcheur commencera le porte-à-porte dans les quartiers aisés. Ainsi il pourra mentionner plus tard, dans les quartiers moins fortunés, les noms de ses premiers acheteurs. Le bon démarcheur sera convaincu que les stéréogrammes ne sont pas les images d’un endroit, mais qu’elles « sont » l’endroit lui-même. Au final leurs clients gagneront du temps, économiseront de l’argent et s’épargneront de la fatigue en achetant le travel set « Voyage en terre Sainte, Palestine » par exemple.
6. Les parutions
Le cliché des Alignements de Carnac connaît un joli succès puisque qu’il parait en 1908 recadré en format portrait, dans le magazine « The Sphere » en Grande bretagne et dans le magazine « Das Buch fur Alle » en Allemagne.




« BRETON PEASANTS IN THE FAMOUS AVENUES OF CARNAC / Paysans bretons dans les célèbres avenues de Carnac »
Texte d’accompagnement (traduit) : « Les étranges monolithes qui couvrent les hautes terres saines du Morbihan ont récemment fait l’objet d’une enquête approfondie. On a découvert que de nombreuses avenues, telles que celles présentées ci-dessus, pointent vers diverses positions à l’horizon, ce qui les place dans la même catégorie que Stonehenge et les temples orientés égyptiens. Les vestiges mégalithiques sont plus nombreux en Bretagne que dans n’importe quelle autre région d’Europe. Plus de 600 dolmens subsistent en compagnie de plus de 800 menhirs isolés, dont certains sont les plus grands du genre. Le plus grand d’entre eux, situé à Locmariaquer, dans le Morbihan, s’élève à plus de 20 mètres de haut et pèse, selon les calculs, 342 tonnes. Les grands alignements de Carnac sont les plus remarquables de ces monuments préhistoriques. Les Bretons d’aujourd’hui, qui font paître leur bétail au milieu des pierres, conservent un merveilleux ensemble de contes et de coutumes anciennes, dont beaucoup datent de l’époque où ces pierres avaient une signification réelle pour les habitants de la Bretagne. La propriété communale et de curieuses formes d’administration locale, en particulier sur les nombreuses îles situées juste à côté du continent, subsistent encore aujourd’hui. »15
7. Conclusion
Récolte du sel, fabrication de sabots, battage du blé, filage de la laine, lavage du linge dans la rivière, ramassage des huîtres, c’est surtout l’archaïsme des méthodes de production de la société bretonne qui intéresse ces éditeurs américains. Le rédacteur de Underwood & Underwood, par exemple, ne s’émerveille pas sur l’ancienneté des alignements de Carnac, mais s’attriste du manque d’éducation de la population.
Le travail fait par le photographe est néanmoins remarquable par sa cohérence esthétique et nous ne résistons pas au plaisir de vous le présenter dans la photothèque ci-dessous. Rien d’instantané dans ces prises de vues, mais une construction minutieuse de l’image au niveau du cadrage et du placement des personnages.
Photothèque Underwood & Underwood












2 : (76)-9600 Home from the stormy Atlantic – sardine fishermen’s boats at Le Croisic, France (https://www.loc.gov/item/2019641148/) /
3 : (76)-9601 Vast salt fields with children collecting salt for stacks, Le Croisic, France (https://www.loc.gov/item/2019641146/ )
4 : (77)-9602 Quaint timber houses and lane of stairs, the delight of artists. Auray, France (https://www.loc.gov/item/2019640846/)
5 : (78)-9608 Famous « Lines of Carnac », aisles of stone made by prehistoric men, France (https://www.loc.gov/item/2019640666/)
6 : (79)-9604 At grandmother’s house, – interior of a Breton village home, Crach, France (https://www.loc.gov/item/2019640670/)
7 : (80)-9605 Breton peasants making wooden shoes in the forest near Clohars-Carnoet, France (https://www.loc.gov/item/2019640669/)
8 : (81)-9606 Where Atlantic surges beat on the rock-bound coast of Finistere, France (https://www.loc.gov/item/2019640916/)
9 : (82)-9607 Autunm in Brittany – pesants threshing grain on a farm near Carhaix, France (https://www.loc.gov/item/2019640667/)
10 : (83)-9608 Crowds coming from church on a « Pardon » day, Guemene-sur-Scorf, Brittany, France (https://www.loc.gov/item/2019641)
11 : (84)-9609 Gossip beside Oust river, whose waters reflect the castle, Josselin, France (https://www.loc.gov/item/2019641144/)
12 : (85)-9610 Acres of oyster-beds at Cancale, and outlook n.e. over bay and islands, France (https://www.loc.gov/item/2019641313/)
Philippe le Port pour Les Vaisseaux de Pierres
Webothèque
- http://archives.lib.byu.edu/agents/corporate_entities/1392
- https://www.virtualshanghai.net/References/Biography?ID=23
- https://www.autrefoislaphoto.com/musee/visionneuses/underwood-stereoscope-mexicain
- https://stereosite.com/collecting/my-stereoview-box-set-collection-and-3d-photography
- https://en.wikipedia.org/wiki/Keystone_View_Company
Notes
Pour citer cet article : Le Port P., 2024. « Le coin du photographe (10) : Underwood et Underwood (1907), une photo iconique de Carnac par un éditeur international de stéréoscopie familiales et scolaires », in : Les Vaisseaux de Pierres. Exploration des imaginaires autour et sur les mégalithes de Carnac et d’ailleurs, mis en ligne le 8 février 2024.- https://lesvaisseauxdepierres-carnac.fr/, consulté le : …