Le coin du cartophile (2) : les frères Neurdein (1868-1921), éditeurs de cartes postales

De 1868 à 1921, la société Neurdein Frères a été un acteur de premier plan pour la diffusion de photographies puis de cartes postales de sites touristiques.
Après une courte période de photographie d’atelier pour Étienne Neurdein (1832-1918), les deux frères se lancent avec succès dans l’édition de tirages photographiques argentiques de « vues touristiques ». Ils couvrent l’ensemble de l’hexagone, mais aussi l’Algérie, la Belgique et la Suisse. Ils commercialisent leur production à l’unité ou en album. Sur ce sujet vous pouvez vous reporter à notre article « Le coin du photographe : Les frères Neurdein (1868-1921), photographes d’atelier et éditeurs de photos de mégalithes »1.
Dès le milieu des années 1890, les deux frères comprennent que le développement des cartes postales bon marché et la démocratisation des appareils photos pour les amateurs, vont tuer le marché des tirages photographiques souvenirs qui est le cœur de leur entreprise. Ils se lancent alors dans la production de cartes postales en exploitant leur base de clichés. Ainsi circulent dès 1896 leurs premiers « cartons voyageurs » de Gérardmer (Vosges), de Montpellier (Herault) ou de Trouville (Calvados).
La Bretagne semble être traitée plus tardivement. On trouve par exemple des cartes voyagées2 en 1899 de la série « Auray », « Lorient » (Morbihan),« Nantes » (Loire-Atlantique) ou « Roscoff » (Finistère).
La série « Auray » rassemblera à terme 146 cartes postales numérotées incluant 35 cartes des mégalithiques d’Erdeven, Carnac et Locmariaquer. C’est cette série que nous allons présenter.
1. Évolution de la série « Auray »
Cette série, lancée en 1899, comportera vers 1904 une série « cœur », de 48 cartes de format standard (numérotée de 1 à 48), auxquels seront rajoutés vers 1905 une série « appendice » de 14 cartes (numéros 49 à 62) et enfin vers 1906 une série « tardive » de 84 cartes postales (numéros 63-146). La série « cœur » comporte également 16 cartes en format panoramique qui ne sont pas de nouveaux clichés, mais des recadrages des clichés utilisés pour le format3.
Il est difficile de dire si la série « cœur » contenait 48 cartes dès son lancement en 1899, mais elle a dû être suffisamment complète pour être commercialisable. Cette série de cartes postales remplace, sans doute rapidement, les tirages argentiques qui rassemblaient vers 1888, 43 clichés dont 15 vues de monuments mégalithiques pour « Auray et ses environs »4. Ceux-ci seront tous tirés en cartes postales : 11 dans la série « cœur » et 4 dans la série « appendice ».
Les cartes seulement légendées en 1899 sont numérotées à partir du début de l’année 1900. La numérotation des cartes « cœur » varie dans le temps, pour se stabiliser sans doute vers 19045. Par convention nous utiliserons dans nos classements la numérotation finale du catalogue de 1905 pour les cartes Cœur. L’appellation catalogue de 1905 est également une convention, il a pu paraitre au deuxième semestre 1904.
La dimension des cartes postales est réglementée aux dimensions 9x 14cm de 1889 à 1949. Les cartes Neurdein s’y conformeront strictement.


2. Série Auray : les cartes « cœur », entre 1899 et 1904
2.1. Le cœur de série en format standard
Ces 48 cartes se trouvent en page 146 dans la partie principale du catalogue de 1905 dont nous utiliserons la numérotation. Elles sont regroupées par localité et sujet d’intérêt de la manière suivante :
- Auray – n°1-19 (19 cartes),
- Environ d’Auray – n° 20-22 (3 cartes dont 3 mégalithes),
- Chartreuse d’Auray – n° 23 (1 carte),
- Sainte-Anne-d’Auray – n° 24 à 31 (8 cartes),
- Champs des Martyrs – n° 32 à 33 (2 cartes),
- Carnac – n° 34 à 42 (9 cartes dont 6 mégalithes),
- Locmariaquer – n° 43 à 47 (5 cartes dont 5 mégalithes),
- Brech – n° 48 (1 carte).
2.1.1. Les mégalithes
On constate que les mégalithes représentent 30% des cartes de cette série (14 sur 48), nous permettant de chiffrer l’attrait des visiteurs pour ce sujet. C’est proche des 35% de leur série de photos argentiques (15 sur 43 clichés). Parmi les 14 photos de mégalithes « cœur de série », seules 3 sont inédites, les autres ont toutes déjà été éditées en tirage photo.




en haut à droite : Carte postale n° 47 : « 47 – Environs de Locmariaquer – Le Dolmen de Kerran – ND Phot ». Type 3 ; voyagée le 23 Juillet 1902 (collection particulière).
en bas à gauche : Carte postale n° 39 : « 42- Carnac – Le Géant du Ménec- ND Phot » (collection particulière).
en bas à droite : Carte postale n° 43 : « 15 – Locmariaquer – la Table des Marchands – ND Phot ». Type 3 ; voyagée le 6 mai 1901 (collection particulière).
2.1.2. Les vieilles maisons d’Auray
Dans cette série « cœur », 19 cartes illustrent la ville d’Auray. Parmi elles 7 mettent en avant des maisons à pans de bois (n° 7, 11, 12, 13, 14, 15 et 17). En voici un échantillon.




en haut à droite : Carte postale n°11 : « 28 / Auray. – La Rue au Lait. – ND Phot » Type 3 ; voyagée le 11 Juillet 1901 ; envoyée par M. Nivière à Mlle Nivière (collection particulière).
en bas à gauche : Carte postale n° 15 : « 32 / Auray. – Vieilles Maisons de la Rue Pavée. – ND Phot ». Type 3 ; voyagée le 13 août 1901 ; envoyée par G. Riberette à G. Riberette « Vieilles maisons ! rue Pavée !! pavée !!! oh ! combien ! » (collection particulière).
en bas à droite : Carte postale n° 17 : « 34 / AURAY / Vieilles Maisons du quai St-Goustan. – ND Phot ». Type 3 ; voyagée le 13 août 1901 ; envoyée par G. Riberette à G. Riberette : « Quai St-Goustan / beau nom ma foi ! mais je cherche où est le quai » (collection particulière).
2.2. Le cœur de série en format panoramique
Les cartes panoramique sont des tirages recadrés de clichés standard, avec moins d’avant-plan et moins de ciel. La panoramique n° 2765 et la standard n° 40 sont très proches. L’appareil photo n’a pas été déplacé, seul le photographe est mis en scène sur l’une et pas sur l’autre.
Leur nombre réduit ne nécessite pas de classement chapitré. La numérotation va de 2755 à 2770, en tout 16 cartes dont 5 sur Auray, 1 sur la route de Auray à Sainte-Anne-d’Auray, 9 sur des mégalithes du pays alréen et 1 vue panoramique du bourg de Carnac pris depuis le sommet du Tumulus Saint-Michel.
On constate que les mégalithes représentent 55 % des cartes de ce format panoramique (9 sur 16). Ce pourcentage important peut s’expliquer par le fait que le format est idéal pour mettre en valeur les architectures monumentales du Néolithique.


en bas : Carte postale Panoramique : « 2768 / Dolmen de Mané Kérionec (sic) / ND Phot » (collection particulière)
3. Série Auray : les cartes « appendice », vers 1905
Le catalogue de 1905 contient une deuxième partie intitulée « Appendice » qui liste des cartes postales supplémentaires. Quatorze cartes postales viennent compléter la série « Auray » en page 466 du catalogue. Elles sont numérotées de 49 à 62, sans ordre, avec des cartes de Carnac mélangées à celles d’Auray ou de Locmariaquer. La numérotation des cartes « appendice » restera constante dans le temps.
Parmi elles, on trouve six photos de mégalithes. Les Neurdein recyclent quatre de leurs clichés déjà édités en tirage photographique.




en haut à droite : Carte Postale : « 50 / ENVIRONS DE CARNAC. – Dolmen de Mané Kérioned / Collection ND Phot » (collection particulière).
en bas à gauche : Carte postale : « 56 / LOCMARIAQUER (Morbihan). – Le Dolmen de Mané Rutual / ND Phot » (collection particulière).
en bas à droite : Carte postale : « 57 / Environs d’Auray. – Les alignements de Kerzéro / ND Phot » (collection particulière).
Il présente également deux clichés inédits des files du Ménec (n° 54 et n° 55).
La carte n° 54 est presque identique à la carte n° 40. Elle porte le même titre, elle est prise du même endroit, mais la végétation est plus rase et le sol n’est plus jonché de pierres. Une année ou plusieurs années doivent séparer ces deux clichés.
Quel peut être l’intérêt pour la société Neurdein Frères d’avoir deux clichés si similaires à son catalogue ? Une volonté de proposer un chiffre pair, ou, par superstition, de ne pas lancer un appendice de 13 cartes ? Cela semble en tout cas indiquer qu’elle a utilisé l’intégralité de ses clichés et n’en n’a plus en réserve.


à droite : Carte postale n° 54 « 54 / CARNAC (Morbihan). – Les Alignements du Ménec / ND. Phot. » ; voyagée le 5 août 1918 (collection particulière).
A cette date, la série complète proposée aux revendeurs comporte donc 62 cartes, dont 20 montrent des monuments mégalithiques, soit 32% de cet ensemble. La proportion est proche de celles des tirages albuminés. On peut en conclure que l’intérêt commercial pour ce sujet est stable entre 1885 et 1905.
4. Série Auray : les cartes « tardives », 1906-1907
Neurdein ne semble pas éditer de catalogue après celui de 1905, pourtant il reste actif puisque 84 nouvelles cartes postales viennent compléter les deux premières séries consacrées au Pays d’Auray, et portent la série jusqu’au n° 146. Ces nouveaux clichés sont tous édités dès 1906-1907, puisque nous avons eu entre les mains une carte n° 67 ayant voyagé le 17 août 1906 et une carte n° 127 ayant été postée le 18 mai 1907.
Parmi ces 84 nouvelles vues, c’est Sainte-Anne-d’Auray qui s’adjuge la part du lion, avec 62 clichés. Viennent ensuite les monuments mégalithiques avec 15 nouvelles cartes, puis l’intérieur spectaculaire de l’église paroissiale à Carnac avec 3 clichés et enfin la vue d’un moulin de Plouharnel. Nous ne connaissons pas le sujet des cartes n° 81 et n° 82.
La série s’organise ainsi :
- n° 63 à 77 : 14 cartes de monuments mégalithiques et une carte du moulin de Plouharnel ;
- n° 78 à 80 : 3 cartes de l’intérieur de l’église Saint-Cornely de Carnac ;
- n° 81 et 82 : nous ne les avons pas trouvé, malgré nos recherches ;
- n° 83 à 146 : 64 cartes sur Sainte-Anne-d’Auray, son sanctuaire et son pèlerinage.
4.1. Série Auray « tardive », n° 63 à 77 : les monuments mégalithiques.
Sur les 14 cartes postales présentant des monuments mégalithiques alréens, 13 d’entre elles au moins sont tirée d’après des clichés de Séraphin-Médéric Mieusement (1840-1905)7, photographe français de monuments historiques et d’édifices religieux. La Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie (MPP) à Charenton-le-Pont, conserve environ 7 500 négatifs et 10 000 tirages de Mieusement, fruit de son activité pour la Commission nationale des Monuments historiques et pour la direction des Cultes. Dès 1884, sa production était déjà estimée à plus de 40 000 clichés.
Ces 14 clichés viennent combler les lacunes de deux premières séries. La carte n° 63 donne enfin une vue du Tumulus Saint-Michel à Carnac, la n° 69 présente la tombe à couloir et entrée latérale sous tumulus de Kerlescan à Carnac et la 71 nous montre le cairn de Rondossec à Plouharnel.




en haut à droite : Carte postale n° 69 : « 69 / CARNAC (Morbihan). – Tumulus, dolmen de Ker-Lescan, côté de l’entrée (sic) / ND Phot » [cliché Mieusement] (collection particulière)
en bas à gauche : Carte postale n° 73 : « 73 – PLOUHARNEL (Morbihan). Alignements de Sainte-Barbe. ND Phot » [cliché attribué à Mieusement] (collection particulière)
en bas à droite : Carte postale n° 77 : « 77 – ERDEVEN (Morbihan). Dolmen du Mané-Crok et Chambre latérale. ND Phot » [Cliché attribué à Mieusement] (collection particulière.
4.2. Série Auray « tardive », n° 83 à 146 : Sainte-Anne-d’Auray
Dans cette série « tardive », Neurdein nous offre un très bel ensemble de 64 cartes postales sur le Grand Pardon de Sainte-Anne-d’Auray, véritable reportage photographique sur le plus important pèlerinage catholique de Bretagne. Le titre des n° 83 à 128, commence par « Pardon de Sainte Anne d’Auray (26 juillet) » et s’attache à montrer la ferveur populaire et la masse des pèlerins. Les suivantes présentent le sanctuaire dans un environnement plus calme et sont titrées simplement « Sainte Anne d’Auray ». Nous avons pu consulter 54 cartes postales sur les 64 existantes).
Le reportage du 26 juillet débute par le voyage des pèlerins vers Sainte-Anne, continue avec les processions et les bénédictions et n’oublie pas les pique-niques sur les pelouses, avec une foule de Bretons et Bretonnes en habit. Tout le contraire de la manière désincarnée dont Neurdein traite d’habitude les monuments.




en haut à droite : Carte postale n° 84 « 84 / Pardon de SAINTE-ANNE-D’AURAY (26 Juillet). – Embarquement de Pèlerins / ND Phot. » (collection particulière).
en bas à gauche : Carte postale n° 91 « 91/ PARDON DE SAINTE-ANNE D’AURAY (26 Juillet). / Pélerins se rendant au Pèlerinage. / ND. Phot. » (collection particulière).
en bas à droite : Carte postale n° 127 « 127 / Pardon de SAINTE-ANNE-D’AURAY (26 Juillet). – Scala Sancta / ND Phot. » ; voyagée le 18 mai 1909 (collection particulière).
5. Série Auray : 146 cartes au total
En conclusion, sur les 146 cartes de la série, on trouve :
- 37 cartes d’Auray et de ses environs pittoresques (vieilles maisons, vues de la ville, le Champ des Martyrs et sa chapelle expiatoire, les intérieurs et extérieurs de l’église Saint-Cornely de Carnac, un moulin de Plouharnel) soit 25% du total, principalement rassemblées dans la série « cœur » ;
- 35 cartes montrent des monuments mégalithiques et 2 autres des formations géologiques (dont une vue de la « Pierre Branlante » de Tréauray, à l’époque associées aux architectures néolithiques car perçu comme un monument « druidique »), soit 25% du total, également réparties entre les trois séries ;
- 72 cartes enfin documentent le pèlerinage catholique de Sainte-Anne-d’Auray, soit presque 50% du total exclusivement dans la série « tardives ». On voit ainsi bien les trois pôles d’attraction de la région. Le tourisme balnéaire ne les a pas encore phagocytés.
6. L’utilisation des clichés des Monuments Historiques
La société Neurdein Frères et Séraphin-Médéric Mieusement ont en commun d’avoir effectués des missions photographiques pour le service des Monuments Historiques. Ils ont rapidement compris le caractère lucratif de telles bases documentaires.
En 1883, Séraphin-Médéric Mieusement passe un accord avec la Commission des Monuments historiques, contrat qui lui concède l’exploitation commerciale d’une partie des clichés des Monuments historiques. En 1890, il cède cette concession à son gendre, Paul Robert. Mais, après le décès prématuré de celui-ci en 1898, la concession revient à la maison Neurdein Frères8 qui va utiliser ces clichés pour leurs cartes de la série tardive.
6.1. Dans la série « Auray » : les monuments mégalithiques
Neurdein a utilisé au moins 13 clichés des Monuments Historiques sur les 14 cartes de mégalithes éditées dans la série « tardive »9 et 12 clichés peuvent être attribués avec certitude à Mieusement. Pas de certitude ni d’impossibilité pour les 2 restants.
Une campagne photographique a été faite à Carnac en août 1887 pour les monuments historiques comme en témoigne le cliché de l’église n° 588, malheureusement non attribué. Les photos des monuments mégalithiques pourraient avoir été pris lors de cette campagne, mais rien n’est sûr.
Ces photos mettent en avant le monument pour lui et par lui-même sans aucune présence humaine pouvant animer la scène. Pour donner l’échelle, le photographe installe ostensiblement une mire d’un mètre. Il documente les alignements en individualisant une dizaine de menhirs.
En 1905, ce choix de cartes postales non animées pour les mégalithes de la série « tardives » contraste avec les productions des autres éditeurs. Pour autant, on découvre ici une certaine continuité et cohérence avec la campagne que les frères Neurdein avaient réalisée en 1888. Reste à savoir si ce choix esthétique a été apprécié du public et a été bénéfique en termes de vente.


à droite : Tirage photographique Mieusement « Carnac (Morbihan). Le mont St Michel. tumulus ». Source : https://monumentum.fr/monument-historique/pa00091140/carnac-tumulus-dolmen-du-mont-saint-michel. A remarquer la ruine du sémaphore Depillon construit en 1806 à l’extrémité ouest de la plateforme sommitale du tumulus, ainsi que les deux énormes terrasses qui bordent le flanc nord du tumulus.


à droite : Tirage photographique Mieusement « Carnac (Morbihan) Dolmen de Kermario ». Source : https://monumentum.fr/monument-historique/pa00091076/carnac-alignement-et-dolmen-de-kermario
6.2. Dans la série « Auray » : l’église de Carnac
La carte n° 37, qui fait partie du « cœur » de la série, est intitulée « Carnac – L’Église ». Elle est produite à partir d’un cliché Neurdein jusque vers 1905, date à laquelle l’entreprise remplace ce premier cliché par un autre issus des archives des MH et pratiquement identique. On reconnait bien la calligraphie et le format des légendes des Monuments Historiques qui précise la date de prise de vue et le n° de cliché : « Carnac (Morbihan). Église, clocher (aout 1887) n° 588 »

6.3. Les cartes portant la mention : « Collections des monuments historiques »
On trouve aussi des cartes Neurdein portant la mention « Collections des monuments historiques ». Que pouvons-nous en dire ? La mention est d’usage ancien puisqu’elle apparait sur une carte n° 313 du catalogue postée le 29 septembre 1902. La mention est conservée sur des exemplaires de cette carte édités en dos non divisé plus tardivement. Elle semble disparaitre sur les exemplaires en dos divisé.



à droite,: « 27 / BEAUVAIS (Oise). – Musée, Statue de Saint-Jacques. – ND Phot. ». ; dos divisé. Cette statue de saint Jacques (14e siècle) ornait le portail de l’ancienne église Saint-Jacques située au sud de Beauvais (Oise), faisant partie des collections du musée de la ville10.
Dans le catalogue de 1904-1905, la série « Collection des monuments historiques », n’existe pas. Cette mention est indiquée dans le seul paragraphe consacré à « Saumur (Maine-et-Loire) », page 461. Sur les 28 cartes « appendice » (n° 52 à 79), 23 portent cette mention entre parenthèses.

Deux cartes postales des Alignements du Moulin à Saint-Pierre-Quiberon portent cette mention, mais nous ne savons pas de quelle collection elles font partie. Elles ne sont pas indiquées dans la section « Quiberon » du catalogue de 1904-1905, ni dans la série « cœur », ni dans la série « appendice ». Les trois exemplaires que nous connaissons ont tous des dos divisés. Ils sont donc postérieurs à janvier 1904, date à partir de laquelle le dos divisé est imposé par l’administration postale. Une d’entre elles a voyagé en 1905.


à droite : carte postale « SAINT-PIERRE DE QUIBERON. – Alignements / ND Phot / Collection des Monuments Historiques » (collection particulière)
Les deux clichés sont présents dans la base Monumentum. Le cliché de la carte n° 38 y est attribuée de manière contradictoire à Mieusement et à un « Auteur inconnu ». L’auteur du cliché de l’autre carte est inconnu de la base de données. Les deux clichés peuvent avoir été pris par deux photographes différents. Ils n’ont pas été pris le même jour, la végétation apparait sensiblement différente sur l’un et sur l’autre.
En conclusion, cette mention a été utilisée vers 1900-1905 pour indiquer que le cliché utilisé est tiré des collections photographiques des Monuments Historiques. Puis son usage a reculé pour finalement disparaître.
7. Hélène Nivière, collectionneuse de cartes postales
Le début des années 1900 représente l’âge d’or de la carte postale. Véritable phénomène social, il déclenche l’enthousiasme. Les particuliers se cherchent des correspondants dans toutes les villes pour échanger des cartes postales comme on le lit sur la carte n° 40 envoyée le 24 avril 1901 :
« A Monsieur Edmond Prévost, route de Paris 144, Amiens (Somme). Monsieur, je désirerais échanger avec vous des cartes postales de Vannes et de la Bretagne contre des cartes-vues d’Amiens. Espérant que vous accepterez mon échange, je vous donne mon adresse : Monsieur Joseph de Boisseson, 3 rue Thiers, Morbihan. »
Certains s’envoient des cartes accompagné d’un petit mot pour eux même, comme Mr Riberette avec les cartes n° 7, 15 et 17 vues ci-dessus.
D’autres mettent à contibution leur famille. Melle Hélène Nivière, habitant au 18 Avenue de La Bourdonnais, Paris 7e, collectionne les cartes postales voyagées, c’est-à-dire dûment timbrées et tamponnées. Son père, profite d’un rendez-vous avec un avoué à Lorient pour s’arrêter en chemin à Auray et visiter Carnac et Locmariaquer. Les 10 et 11 juillet 1901 il envoie 35 Cartes postales différentes à sa fille ; 20 sont des cartes ND frères.
Parmi les 35 cartes, 9 montrent Carnac, Locmariaquer et Plouharnel ; 7 montrent des mégalithes (dont 6 éditées par ND Frères). 17 montrent Auray et ses alentours (dont 13 ND) ; 9 autres montrent Lorient (dont 1 ND). Cet échantillon n’est probablement pas représentatif ni significatif mais il permet de constater que les productions Neurdein sont bien présentes et vendues dans le Pays d’Auray.
Six cartes portent un peu de texte et nous renseignent sur les conditions du voyage, les autres profitent du tarif réduit avec une somple date et signature (cf. infra, chap. 10). Melle Nivière recevra par la suite cinq autres cartes de la région par une autre de ses parentes, la comtesse Alix de Beaumont (dont 4 représentent des mégalithes, 1 collection Z. le Rouzic et 3 collection EH, cliché Le Rouzic).




en haut à gauche : Carte postale n° 36 « 36 / Auray. – N.-D. de Lourdes. – ND Phot ». Texte manuscrit au recto : « 10 Juillet 1901. Nous allons demain matin à Lorient et dans la journée départ pour Rennes où je coucherai. Je serai vendredi à Paris à 3h1/2. Voyage très agréable malgré la très grande chaleur. Notre excursion à Carnac a été très agréable. Je vous embrasse bien. Nivière ». Postée depuis Carnac.
en haut à droite : Carte postale n° 24 « 24 / Environs d’Auray. – Le Dolmen de Kergavat. – ND Phot ». Texte manuscrit au recto : « 10 Juillet 1901. Très curieux Dolmen. Un des plus grand qui existent dans ce pays. 10 Juillet 1901. Nivière ». Postée de Carnac.
en bas à gauche : Carte postale n° 23 « 23 / CARNAC. – L’Église. – ND Phot ». Texte manuscrit au recto : « Le clocher est des plus anciens et la porte d’une architecture fantaisie rappelant les églises d’Espagne. Nivière. 10 juillet 1901 ». Postée de Carnac.
en bas à droite : Carte postale « Souvenir de Lorient ». Texte manuscrit au recto : « 11 Juillet 1901. Ce pays est charmant et me rappelle les environs d’Arromanches, c’est une végétation superbe et riante qui fait contraste avec la tristesse des environs de Locmariaquer. Nivière ». Postée de Lorient.
8. Dater l’édition une carte postale Neurdein
Ce chapitre s’adresse aux cartophiles. Il s’appuie et complète un article du site Léonce.fr que nous remercions.
Nous n’avons pas considéré que la colorisation d’une carte N&B changeait sa classification. En revanche, nous avons étendu la classification aux dos divisés.
Les tampons de la poste, les dates manuscrites indiquées par les expéditeurs, le type de timbre utilisé ou même leur simple valeur faciale sont précieux pour retracer le parcours d’une carte postale. Mais si ces éléments datent l’expédition, ils ne permettent pas de préciser la date d’impression de la carte postale. Pour autant ils nous permettent d’établir un cadre temporel précis, en particulier nous offre un terminus ante quem, à savoir que la date d’impression est forcément antérieure à la date d’expédition. La mise en page des cartes Neurdein évoluera presque chaque année de 189711 au moins jusqu’à 1905, puis plus lentement ensuite, notamment au fil des changement de propriétaires. Cela nous permet d’identifier au moins 11 types différents et évolutifs dans le temps, permettant de juger rapidement de la date de telle ou telle carte.
Les premières carte postales, appelées « nuages », limitent la place de l’illustration à un tiers du format, pour laisser place à la correspondance, car le verso est intégralement réservé au nom et à l’adresse du destinataire. Vers 1903, l’illustration s’étend pour occuper les deux tiers de la place limitant la place pour la correspondance. Enfin début 1904, le verso est séparé en deux pour accueillir correspondance et adresse. L’illustration peut prendre alors la quasi-totalité de la feuille12.
D’autres détails au verso de l’illustration peuvent également préciser la datation. Voici donc notre typologie dans l’ordre chronologique.
8.1. Type 1
Petit nuage ; nom de ville.
Pas d’exemplaires connus pour la série Auray
8.2. Type 2
Petit nuage ; non numéroté ; à partir de 1899.


8.3. Type 3
Petit nuage ; numéroté ; petite boucle au « M » ; à partir de 1900.


8.4. Type 4
Petit nuage ou grande illustration ; M avec crochet ; à partir de 1901.


8.5. Type 5
Grande illustration ; peu de place pour écrire ; « Collection ND Phot » ; M avec crochet.


8.6. Type 6
Grande illustration ; peu de place pour écrire ; « Collection ND Phot » ; M avec crochet et indication à l’arrière « établissements Photographiques de NEURDEIN Frères-Paris ».


8.7. Type 7
Dos divisé ; texte à l’arrière « A utiliser seulement dans le service intérieur. (France, Algérie et Tunisie.) » (selon arrêté du 18 novembre 1903 : dos divisé obligatoire pour les cartes postées au 1er décembre 1903).
Pas d’exemplaire connu.
8.8. Type 8
Dos divisé ; texte à l’arrière : « tous les pays étrangers n’acceptent pas la correspondance au verso, se renseigner à la poste » (conformément à l’arrêté du 16 mai 1904, qui reporte dos divisé obligatoire pour les cartes postées au 1er août 1904).


Autre exemple : « 67 – Carnac. – Le Ménec, Alignements, Ensemble », voyagée le 17 août 1906
8.9. Type 9 :
Numération et légende au recto ; logo « ND Phot. » au recto sur l’illustration ; dos divisé ; au verso « Carte postale » est indiqué en 8 langues.


8.10. Type 10 :
Dos divisé ; à l’arrière « Carte postale / Correspondance / Adresse ». Lettrage art nouveau ou art déco. Parfois « Imp. Phot. Neurdein et compagnie – Paris ».


8.11. Type 11 :
Dos divisé ; au verso « Lévy et Neurdein Réunis ».


8.12. Type 12 :
Dos divisé ; marquage au verso « Compagnies des Arts photographiques » ; entre 1932 et 1940.
Après le rachat par CAP de 1932, avant 1940


8.13. Type 13 :
Illustration sur la totalité du recto ; logo « CAP » au recto sur l’illustration ; impression brillante type année 1950.


9. Et les cartes colorisées dans tout cela ?
Ceux qui connaissent les superbes cartes colorisées de Neurdein sur le Bassin d’Arcachon se demandent certainement où se cachent les versions couleurs de la série Auray. Nous n’en avons trouvé qu’une seule dans nos recherches. Les couleurs y sont rares et pas très heureuses : qui a pu avoir l’idée de remplacer le costume blanc du photographe par un bleu de travail ? Sans doute pas Neurdein. Il est probable que la société n’a jamais édité de série en couleur pour le Pays d’Auray. Peut-être la clientèle n’était-elle pas assez nombreuse ou pas assez aisée pour ces cartes colorisées. Peut-être est-ce la « tristesse des environs de Locmariaquer », dit autrement, la rareté des couleurs dans le paysage, les bâtiments ou les vêtements qui freina nos éditeurs.

10. Tarifs postaux : carte postale (10 cts), imprimé (5 cts), ou cartes sous bande (1 cts)
Trois tarifs ont coexisté en 1901. Le tarif normal à 10 centimes, sans limitation de nombre de mot pour la correspondance sur la carte postale. Le tarif à 5 centimes qui impose de limiter le texte à 5 mots, de rayer le mot « Carte Postale » à l’arrière et de le remplacer de manière manuscrite par « Imprimé ». Et enfin le tarif « sous bande » utilisé pour les journaux, à 1centime les 5 grammes. Le texte est toujours limité à 5 mots, le nom et l’adresse du correspondant doivent être apposés non sur la carte postale mais sur une bande similaire à celle qui entourerait un journal. Ce tarif est utilisé pour les cartes postales de manière officieuse à partir de novembre 1899, de manière implicite à partir de 1901, de manière officielle à partir de 1902, et sera supprimé le 18 novembre 1903.
Si Mr Nivière met plus de 5 mots de correspondance, il affranchit à 10 centimes.


Monsieur Nivière connait les tarifs postaux. Pour pouvoir affranchir à 5 centimes, il se contente, en guise de texte, d’une date et d’une signature, sur la grande majorité de ses cartes (29 sur 35).


La carte ci-dessous de « la Table des Marchands » a été affranchie à 1 centime et bien mise sous bande. On aperçoit le reste de la bande sous le timbre, et le tampon de la poste n’apparait que sur le timbre, pas sur la carte qui était protégée par la bande.


L’expéditeur de la carte « CARNAC. – Vue générale » a fait une tentative avec affranchissement à 1 centime mais sans mettre la carte sous bande, cela coutera 9 centimes au destinataire, qui aura ainsi un exemplaire peu commun agrémenté de timbres « taxe à percevoir »13.


11. La diversification des formats : les albums et carnets de destinations touristiques
Des 1900, Neurdein édite des « Albums souvenir » rassemblant des tirages en héliogravure de ses clichés photos, en livret ou en accordéon, avec des illustrations recto-verso, qu’il est donc impossible d’utiliser en cartes postales14.
Vers 1910, la société édite des carnets de 10 à 24 cartes postales détachables pour être utilisées en correspondance. Mais l’acheteur peut également conserver le carnet intégralement comme souvenir de sa visite15. Ce format peut se consacrer à une ville (St Malo, Dinan, Lorient), un champ de bataille (Verdun le circuit des champs de bataille), un évènement (exposition coloniale Marseille 1922) ou un sujet (Fontaines Bretonnes, Types Bretons.).
Neurdein édite ainsi un carnet de 12 cartes consacré à Carnac, contenant les cartes n° 21, 22, 35, 37, 39, 42, 45, 46, 49, 55, 63 et 64. Dix cartes postales sur douze représentent des mégalithes, dont trois sont tirées de clichés de la campagne de 1887-1888. Les impressions sont de qualité, et chaque carte est protégés par des intercalaires en papier transparent.


Neurdein édite des carnets de 12 cartes exclusivement sur le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray et des carnets de 24 cartes se partageant entre Sainte-Anne (14 cartes) et Auray (10 cartes). Nous connaissons plusieurs versions de couverture (dont un vers 1912), confirmant l’intérêt touristique du lieu.




en haut à droite : carnet de 12 cartes postales détachables (16 x 9 cm) : « STE-ANNE-D’AURAY / 12 Cartes Postales / ND. Phot. » ; verso vierge (collection particulière)
en bas à gauche : carnet de 24 cartes postales détachables (16 x 9 cm) : « Sainte-Anne / et Auray / Magasin de Sainte-Anne / ND. Phot. » ; verso vierge ; circa 1911-1912 (collection particulière)
en bas à droite : carnet de 24 cartes postales détachables (16 x 9 cm) : « Sainte-Anne-d’Auray / 24 Cartes Postales / ND. Phot. » ; verso vierge (collection particulière)
12. La diversification des formats : les carnets à thèmes de la société « Lévy et Neurdein Réunis »
La société Neurdein finie par s’essouffler. En 1921, l’imprimeur Émile Crété rachète les entreprises Léon & Lévy et Neurdein créant ainsi la marque « Lévy et Neurdein réunis » 16.
Les services commerciaux de « Lévy et Neurdein Réunis », innoveront en créant des carnets centrés sur un thème plutôt qu’une ville et qui pourront se vendre dans toute une région : « Types Bretons (ND) », « Fontaines Bretonnes (ND) » ou « Dolmen et Menhirs de Bretagne (LL) ». Ces carnets créés au début de la réunion des deux sociétés privilégient les clichés d’une des deux maisons. Le carnet « Dolmens et menhir de Bretagne » est marqué LL, mais sur les 10 cartes, on en trouve quatre de Neurdein et six de LL.


13. La diversification des formats : pochettes et carnets de mini-photos
L’imagination des services commerciaux est sans limite et le consommateur est friand de nouveauté. Vers 1930 un nouveau format remet à l’honneur les « photographies ». Il se présente sous forme de pochette contentant 12 ou 24 clichés de format 6 x 9 cm. A partir de 1950 on les trouve sous forme de carnets avec reliure à spirale.
La société Lévy et Neurdein sort une pochette « Carnac » de 12 mini-photos, une autre de 10 photos sur Sainte-Anne-d’Auray, et une dernière titrée « Dolmens et Menhirs de Bretagne » rassemblant 24 photos.


à droite : pochette de 12 mini-photos (6 x 9 cm) : « STE ANNE D’AURAY / 12 vues / LL-ND ». Éditions LL-ND, soit Léon & Lévy – Neurdein (collection particulière).




14. La Compagnie des Arts Photomécaniques (C.A.P.)
En 1932, la société Léon & Lévy et Neurdein est rachetée par la Compagnie des arts photomécaniques (C.A.P.)17. Le marché est moins porteur, les photos de Neurdein accusent leur âge. CAP ne semble pas avoir édité de carnet de carte postal sur Carnac ou sur les « Dolmens et menhirs de bretagne ». Néanmoins, ils reproduiront quelques clichés Neurdein : Les Menhirs d’Erdeven vers 1932, la vue du bourg de Carnac prise du sommet du Tumulus Saint-Michel vers 1950. En revanche, l’intérêt pour Sainte-Anne-d’Auray et son sanctuaire ne se dément pas, un carnet de 10 et un autre de 20 vues détachables lui sera consacré.






Conclusion
Le fonds photographique Neurdein sera repris par l’agence de photographie Roger-Viollet dans les années 1970. Par legs, il appartient aujourd’hui à la ville de Paris.
Noël Courtaigne, grand connaisseur des CPA Neurdein résume la saga Neurdein ainsi :
« Les deux frères comptent parmi les tous premiers et les meilleurs éditeurs de cartes postales de la fin du XIXe et du début du XXe, tant par la qualité exceptionnelle de la photographie que par la quasi perfection d’une édition où rien n’est laissé au hasard. Les Neurdein sélectionnent rigoureusement les clichés qu’ils vont éditer, soignant cadrage, composition. Dans leur travail d’édition, ils choisissent les meilleurs papiers (fabriqués avec du chiffon), veillent à une impression irréprochable ; ils sont également attentifs au dos de la carte, où les mentions obligatoires sont toujours impeccablement imprimées. On voit bien qu’ils ne sont plus les maîtres chez eux, vers 1907, quand la qualité de leur production devient simplement bonne, comparable à celle des autres bons éditeurs français : ils ont quitté l’excellence pour rejoindre la banalité du quotidien de leurs collègues. Gérard Neudin estime la production totale des deux frères à environ 60000 cartes postales, soit 5 fois celle de la maison Lévy ».
Les clichés Neurdein de monuments mégalithiques seront largement utilisés par les éditeurs pour les manuels français d’histoire et de géographie. La durée de vie commerciale de certains clichés est impressionnante18 : pris en 1887, certains seront réutilisés par CAP jusques dans les années 50, soit pendant plus de 60 ans. Neurdein donnera de la visibilité aux clichés Mieusement19 en les éditant en carte postale vers 1905 et les rendant accessibles au plus grand nombre.
Les photographies et les cartes postales Neurdein témoignent du très grand intérêt touristique qu’ont suscité les monuments mégalithes de la région de Carnac-Locmariaquer au début du 20e siècle. Créés pour répondre à cet engouement, ils ont probablement amplifié cet intérêt et participé pleinement de la reconnaissance de nos architectures monumentales néolithiques par le grand public.
Post Face
En 1930, apparait un carnet de dix cartes postales qui ne traite ni des mégalithes de Carnac, ni des vieilles maisons d’Auray, ni du sanctuaire de Sainte-Anne. Il traite exclusivement de la station balnéaire de Carnac-Plages. Il n’est pas édité par Neurdein ou par Léon & Lévy, mais par le Grand Hôtel Britannia et l’Agence Centrale de la Plage. Les mégalithes n’en sont pas tout à fait absents mais deviennent anecdotiques… un dolmen idéel et son menhir20… deux éléments de décors au milieu d’un square.


Une page se tourne, c’est désormais le tourisme balnéaire qui va faire vivre la région et attirer l’attention… jusqu’au 12 Juillet 2025, où les Mégalithes de Carnac et des Rives du Morbihan sont hissés par l’UNESCO au rang de Patrimoine Mondial de l’Humanité. Méga fiers !
Philippe LE PORT pour les Vaisseaux de Pierres
Webothèque
Pour aller plus loin sur le Web :
- http://leonc.free.fr/histoire/neurdein/neurdein.htm
- https://leonc.fr/cpa/WordPress/category/neurdein/
- https://neurdein.over-blog.com/2013/11/neurdein-une-histoire-familiale-3.html
- https://leonc.fr/cpa/WordPress/wp-content/uploads/neurdein_maj_26-12-2011.pdf
Notes
Cartothèque
Nota : dans cette cartothèque des vues de monuments mégalithiques édités par la société Neurdein, nous avons inclus une vue du bourg de Carnac prise depuis le sommet du Tumulus Saint-Michel et deux cliché de curiosités géologiques très à la mode à l’époque, dont la fameuse Pierre Branlante de Tréauray puisque au début du 20e siècle, elles étaient encore comprises comme des « monuments celtiques » par les non spécialistes.








































n° 21 (type 3) : « Environs d’Auray – Le Dolmen de Kergavat – ND Phot ».
n°22 (type 3) : « Environs d’Auray – Le Dolmen de Crucuno – ND Phot ».
n°34 (type 3) : « Carnac – Les alignements du Ménec – ND Phot ».
n° 35 (type 2) : « Carnac – Vue Générale – ND Phot ».
n° 38 (type 3) : « Carnac – Les alignements de Kermario – ND Phot ».
n° 39 (type 3) : « Carnac – Le Géant du Ménec- ND Phot ».
n° 40 (type 3) : « Carnac – Les alignements du Ménec – ND Phot ».
n° 41 (type 3) : « Carnac – Le Dolmen de Kériaval- ND Phot ».
n° 42 (type 3) : « Carnac – Intérieur du Dolmen de Kérioned – ND Phot ».
n° 43 (type 3) : « Locmariaquer – La Table des Marchands – ND Phot » ; voyagée le 6 mai 1901.
n° 44 (type 2) : « Locmariaquer – Le Grand Menhir Brisé – ND Phot ».
n° 45 (type 3) : « Locmariaquer – La Table des Marchands – ND Phot ».
n° 46 (type 3) : « Locmariaquer – Intérieur de la Table des Marchands – ND Phot ».
n° 47 (type 3) : « Environs de Locmariaquer – Le Dolmen de Kerran- ND Phot » ; voyagée le 23 juin 1902.
n° 48 (type 3) : « Brech- La Pierre Tremblante- ND phot » ; voyagée 1er novembre 1900. Détruite par son propriétaire dans les années 50 [à vérifier] parce qu’il en avait assez que les touristes traversent ses champs pour aller la photographier.
n° 49 (type 5) : « Carnac – Les alignements de Kermario – Collections ND Phot ».
n° 50 (type 5) : « Environs de Carnac – Dolmen de Mané Kérioned – Collections ND Phot ».
n° 54 (type 10) : « Carnac (Morbihan) – Les alignements du Ménec – ND Phot ».
n° 55 (type 8) : « Carnac – Les alignements du Ménec – ND Phot ».
n° 56 (type 8) : « Locmariaquer (Morbihan) – Le Dolmen de Mané Rutual – ND Phot ».
n° 57 (type 8) : « Environs d’Auray – Les Alignements de Kerzero – ND Phot ».
n° 59 ((type ?) : « Route d’Auray à Ste Anne – Collections ND Phot » Cette pierre surplombante est totalement naturelle. Elle est toujours en place. Nous l’avons inclu dans la cartothèque sans savoir si elle était considérée comme un monument druidique. Peut-être fut elle confondu avec LA « pierre branlante » montrée sur la CP n° 48. L’opérateur installé sous la pierre rajoute une petite note humoristique.
n° 63 (type 8) : « Carnac (Morbihan) – Tumulus, le Mont Saint-Michel – ND Phot ».
n° 64 (type 8) : « Carnac– Dolmen de Ker-Mario – ND. Phot. ».
n° 65 (type 10) : « Carnac (Morbihan) – Alignement de Ker-Lescan – ND. Phot. ».
n° 66 (type 10) « Carnac (Morbihan) – Le Ménec. Alignements, ensemble– ND. Phot. ».
n° 67 (type 8) : « Carnac (Morbihan) – Le Ménec. Alignements, ensemble – ND Phot ».
n° 68 (type 8) : « Carnac- Menhir de Ker-Lescan – ND Phot ».
n° 69 (type 10) : « Carnac (Morbihan) – Tumulus, Dolmen de Ker-Lescan, côté de l’entrée. ND. Phot. ».
n° 70 (type 8) : « Carnac (Morbihan) – Menhir de Ker-Luir (légende Inexacte NDLR) – ND. Phot. ».
n° 71 (type 8) : « Plouharnel (Morbihan) – Tumulus, Dolmen de Rondossec – ND Phot ».
n° 72 (type 11) : « Plouharnel (Morbihan) –Dolmen de Rondossec, intérieur – ND ».
n° 73 (type 9) : « Plouharnel (Morbihan) – Alignement de Sainte-Barbe – ND Phot ».
n° 74 (type 9) : « Plouharnel (Morbihan) – Alignements du Vieux moulin – ND Phot ».
n° 76 (type 8) : « Erdeven (Morbihan) –Dolmen de Mané-Crock, ensemble extérieur ». Le ND phot est imprimé en dehors de la carte.
n° 77 (type 9) : « Erdeven (Morbihan) –Dolmen de Mané-Crock, et chambre latérale – ND Phot ».
Hors série Quiberon n° 34 (type 8) : « Saint-Pierre de Quiberon- Alignements– ND Phot – Collections des Monuments Historiques ».
Hors série Quiberon n° 38 (type 8) : « Saint-Pierre-de-Quiberon – Les alignements du Moulin – ND Phot – Collections des Monuments Historiques ».
Pour citer cet article : Le Port P., 2025. « Parcs et jardins (1) : « Le coin du cartophile (2) : les frères Neurdein (1868-1921), éditeurs de cartes postales », in : Les Vaisseaux de Pierres. Exploration des imaginaires autour et sur les mégalithes de Carnac et d’ailleurs, mis en ligne le 10 décembre 2025.- https://lesvaisseauxdepierres-carnac.fr/, consulté le : …