L’esprit du bois et du symbole. Originaire du Territoire de Belfort, Sophie Grisez est initiée à la gravure sur bois par Jacques Beltrand. Si elle expose dès 1921 des architectures d’Auvergne ou du Mans, c’est sa rencontre avec la Bretagne en 1927, lors de l’achat d’une maison à Saint-Gildas-de-Rhuys, qui marque le tournant majeur de son œuvre.
Une esthétique entre cubisme et expressionnisme. Grisez se distingue par un style radicalement moderne, loin du régionalisme pittoresque. Son travail, influencé par le cinéma expressionniste et le cubisme d’Albert Gleizes, s’appuie sur la géométrie du Nombre d’Or. Ses paysages, dépourvus de présence humaine, s’organisent en masses architectoniques puissantes.
La Bretagne mégalithique. Elle puise dans le Golfe du Morbihan une matière première qu’elle transfigure. Dans des œuvres magistrales comme Er Lannic, elle traite le mégalithe et le cromlec’h avec une palette de tons sourds (brun, bleu foncé, gris) ponctuée de signes graphiques élémentaires (stries, points). Philippe Le Stum décrit ses créations comme des solitudes au dynamisme rythmique, baignées d’un éclairage lunaire évoquant une fin du monde.
Une œuvre ésotérique et rare. Contrairement aux idées reçues, elle n’appartint jamais aux Seiz Breur. Ce qui l’en sépare est la dimension ésotérique et spirituelle de son art : chaque élément naturel devient une métaphore liée au zodiaque et à la géométrie symbolique. Ses gravures, essentiellement conservées dans des collections privées, témoignent d’une modernité exigeante et d’une quête de la « divine proportion ».
