Poétesse, romancière et artiste plasticienne, Claude Dervenn (née Yvonne Le Bayon) fut l’une des figures les plus polyvalentes des lettres bretonnes du 20e siècle. Fille d’officier née à Nantes, elle forge son identité à Lorient avant de conquérir Paris par le journalisme et le grand reportage.
Un destin entre l’Asie et l’Europe. Sa vie bascule en 1938 lorsqu’elle rejoint son époux, l’ingénieur Armand Guillou, en Indochine. Elle s’y engage avec ferveur comme présidente de la Croix-Rouge. Le drame de 1945 — l’assassinat de son mari par le Viet-Minh — la ramène en métropole. Veuve, elle choisit de vivre de sa plume, transformant ses périples en récits de voyage reconnus (Baléares, Crète, Canaries).
La « Prosélyte » de la Bretagne. De retour sur sa terre d’élection, elle s’établit à Quiberon. Son œuvre devient alors un hymne au patrimoine armoricain. Elle publie des ouvrages de référence comme Hommes et cités de Bretagne (1965) et Secrets et Gloires du Morbihan (1970), couronné par l’Académie française. Cofondatrice du mouvement Breiz Santel, elle œuvre activement à la sauvegarde des chapelles bretonnes. Musicienne et graveuse sur bois talentueuse, elle illustre elle-même les paysages et les hauts lieux qu’elle chérit, laissant derrière elle une œuvre picturale d’une grande finesse.
Claude Dervenn s’éteint à Paris en 1978, après avoir été, toute sa vie, une ambassadrice infatigable de la culture et de la spiritualité bretonnes.
